LB8 INFLUENCES PHILOSOPHIQUES ET SOCIALES
riage de sa plus jeune fflle, Angélique, avec M. de Grignan, tout contribua à désenchanter et à pousser vers la retraite Mi»* de Rambouillet. £lle mourut en 1665.
La préciosité, r— La vraie préciosité était une réaction à la fois contre la liberté des manièrea et oorUre la licence du langage.
Le premier genre de réaction explique la place que tient, à l'Hôtel de Rambouillet, la galanterie. M^^ de Runbouillet semble avoir eu Thonneur d'imposer la première aux hôtes de son salon une parfaite conve- v nance dans l'expression de l'amour. Et pour mieux y arriver, elle revient, sans s*en douter, aux raffinements du moyen âge courtois.
Mais cette délicatesse fut poussée jusqu'à la fausse galanterie dans les romans de M}^ de Scudéry, et devint justiciable des railleries de Molière.
Quant au langage^ les Précieuses de l'Hôtel de Rambouillet veulent d'abord lui donner, et légitimement, de la décence, et en môme temps de la propriété. Tout dxre^ même les choses les plus difficiles à dire, sans brutalité comme sans obscurité^ tel a été l'idéal précieux. De là on passe très vite à la périphrase spirituelle, à la métaphore piquante, — d'où il n'y a qu'un pas vers l'affectation.
Au fond, et quand on oublie les exagérations puériles des fausses ou des ridicules précieuses, la préciosité est bien l'esprit de politesse et d'élégance appliqué à la conversation. Il s'élève, comme une barrière aécesisaire, contre l'envahissement du style par la vulgarité.
Balzac (1592-1661)
Vie. — Jean-Louis Guez de Balzac est né à Angoulême, en 1594. Ses premières lettres, écrites de Rome, furent très admirées ; elles circulèrent dans la haute société parisienne ; et quand Balzac revint à Paris, il se vit déjà célèbre. Mais il se retira bientôt dans ses terres, sur les bords de la Charente, et c'est de là, de Balzac^ qu'il correspondit avec ses contemporains. En 163d, il fut élu parmi les premiers membres de l'Acadéniie firaoçaise. Il ne parut que rarement à l'Hôtel de Rambomllet ; mais ses lettres y étaient attendues, lues et admirées.
Lettres de Balzac. — Ces lettres sont adressées à tous les grands personnages du temps ; mais le plus grand nombre vont à Chapelain et à Conrart, que Balzac savait gens capables d'apprécier et de faire apprécier son style, H est question de tout, dans ces lettres, mais surtout des ouvrages nouveaux, sur lesquels Balzac aime à porter un jugement (lettre à Scudéry sur le dd, 27 août 1637 ; lettre à Corneille sur Cinna, 17 janvier 1643), — de la campagne, qu'il aime et où il trouve le loisir et la solitude qui lui sont nécessaires pour travailler son style G^ttre à Chapelain. 12 mai 1^8). — de questions religieuses et philosophiques, qu'il tnûte
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comme autant de lietix communs sur lesquels peut 8*cxercer son éloquence.
Son éloquence. Ses idées. — Balzac rend à la prose le même service que Malherbe à la poésie. Il lui donne de la forqe et de la régularité.
D n*est guère de questions qu'il ne sache élever et soutenir par la philosophie, la morale et la religion. Gomme critique, il a écrit d'excellentes pages ; et ses dissertations à M°^^ de Rambouillet sur les Romains, comme sa lettre à Corneille, nous prouvent qu'il a le sens de la véritable histoire.
Il voulut, d'ailleurs, prouver qu'il était capable d'écrire des ouvrages de plus longue haleine. Il donna le Prince, éloge indirect de Louis XllI; Aristippeou la Cour, dissertation sur la politique; et le Socrate chrétien. Si le style de ces trois ouvrages est, quand on les lit en entier, trop tendu et fatigant, les morceaux ont une singulière solidité, et ressemblent à des fragments traduits de Cicéron ou de Scnèque (1).