II. — La Société et l'Opinion
La cour. — Au xviii® siècle, la cour perd son rôle prépondérant. Louis XV ne cherche plus à diriger le goût ni l'esprit public. Rien ne confirme mieux la réalité de l'influence exercée par Louis XIV jusque vers 1700, que l'incertitude et le désarroi qui succèdent à l'unité harmonieuse imposée par sa forte personnalité. Les Salons deviennent tout-puissants.
Les salons. — Ce qui cai^ctérise ces réunions, c'est d'abord le mélange plus intime des différentes classes. Désormais la grande aristocratie est celle de l'esprit. — La conversation roule de préférence sur des sujets scientifiques, politiques, économiques. On réforme l'Etat, on réorganise les finances, on corrige les abus, on prépare la nuit du 4 août ou les Droits de l'homme ; on discute une découverte astronomique ou physique ; an écoute avec application et avec complaisance un savant qui vulgarise sa science. La noblesse, qui se désintéresse de plus en plus des affidres courantes de l'Etat, est à la tête du mouvement.
L'opinion. — Alors se forme une puissance nouvelle, Vapinion. Ge n*est plus de la cour qu'un ouvrage est justiciable, non plus que du bon goût des connaisseurs ou des initiés, mais bien du ^u£&age plus étendu et plui libre de la nation tout entière.