‹ Précis de littérature françaiseChapitre 152 sur 276 · III. — La Philosophie et Itt Religion · texte numérisé non relu

III. — La Philosophie et Itt Religion

La philosophie. — Au xviii^ siècle, sous l'influence de Locke, philosophe anglais, qui avait publié, en 1690, son Essai sur Venténdement hu' main, et sous celle de Bayle, on abandonne la métaphysique et la psychologie pour une philosophie expérimentale et sociale. On délaisse les grandes questions qui avaient occupé Descartes et Malebranche, pour chercher les moyens de réformer les abus et d'améliorer la vie.

L'idéal de tous les philosophes, ce n'est plus la perfection de l'homme intérieur, c'est la marche vers le progrès, c L'âge d'br, que les anciens ont placé si loin derrière nous, est devant. » Le progrès se rédise par la science, et surtout par les applications des sciences. Voilà pourquoi, au xviii® siècle, tout philosophe se double d'un savant. Rousseau sera le seul à s'irriter contre le progrès.

La religion. — Que devient la religion, au milieu de ce développement de la philosophie positive? Les philosophes du xviii* siècle n'y voient que des manifestations du fanatisxne.

Cette religion, qui eut, au xvii* siècle, des représentants si autorisés, si grands par le caractère et par le talent, n'est plus défendue, au xviii« siècle, que psfir un gouvernement décrié. Oà ne la considère plus que comme uneânstitution d'Etat à laquelle il est décent de se soumettre pour sauver les apparences.

Rapports entre le XVI« et le XVIII« siècle. — Tous les historiens et tous les critiques ont signalé des rapports entre le xvi« et le xviii« siècle. Un courant de curiosité hardie et de philosophie sceptique, dont les sources jaillissent à la Renaissance, semble, selon l'expression de Sainte-Beuve, se perdre sous terre pendant le xvii® siècle, pour reparaître au xvui«.

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