III. — Les premiers Salons
Trois salons principaux sont à distinguer pendant la première moitié du xviii^ siècle : la Cour de Sceaux, le salon de W^^ de Lambert, et celui de M"M de Tencin.
La Cour de Sceaux et la duchesse du Maine. — En 16d9, alors que Versailles était devenu fort triste, la duchesse du Maine fait de Sceaux une nouvelle cour, où ce ne sont que divertissements, fêtes champêtres et nocturnes, lectures de vers, représentations de tragédies et de comédies, et conversations sur tous les sujets, depuis l'astronomie jusqu'à la politique. On recevait à Sceaux tous les gens de lettres : Voltaire y parut ; Fontenelle est un des habitués ; les poètes Ghaulieu et La Fare, La Motte, l'abbé Genest, l'abbé de Polignac, auteur de V Anti-Lucrèce, etc., y fréquentèrent assidûment. La conspiration de Gellamare amena l'arrestation de la duchesse, qui resta plus d'un an à la Bastille. Mais, à peine sortie de prison, elle reprit son train de vie.
Elle eut comme a femme de chambre », M^^^ Delaunay (à qui elle fit épouser plus tard le baron de Staal, capitaine aux gardes suisses), et qui nous a laissé des Mémoires singulièrement piquants en leur élégante simplicité.
La Marquise de Lambert (1647-1733). — C'est vers 1690 que M»» de Lambert ouvrit son salon, qui devint surtout littéraire de 1710 à 1733. La réunion y était moins mêlée et plus sérieuse qu'à la Cour de Sceaux ; mais M°» de Lambert, comme plus tard M°^ Geoffrin, établissait des catégories. Le mercredi était réservé aux a gens de qualité • ; le mardi, aux gens de lettres. Les deux sociétés finirent par se mêler plus ou moins. Ghes elle, pas de divertissements frivoles ; on cause et on lit. La prédoMili