‹ Précis de littérature françaiseChapitre 165 sur 276 · L'œuvre poétique de Voltaire · texte numérisé non relu

L'œuvre poétique de Voltaire

La Henriade. — Sous sa forme définitive, de 1728, la Hemiade se compose de dix chanta.

Chant i. Henri III assiège Paris, avec Henri de Navarre. Il envoie celui-ci en Angleterre, pour demander des secours à Elisabeth. Une tempête jette le Béarnais dans une tîe, où un vieillard lui prédit sa prochaine conversion. Description de l'Angleterre et de son gouvernement. — Chant II. Henri raconte à Elisabeth les «nuerres de religion; la Saint-Barthélémy.— Chant III, Suite du récit : mort de Charles IX; assassinat du duc de Guise: la situation présente. Elisabeth promet des secours. — Chant IV. Les Ligueurs, d'Âumale à leur tête, vont s'emparer du camp de Henri 111, quand le retour du Béarnais les en empêche. — Chant V, La Discorde fxcite Jacques Clément, et le fait conduire auprès du roi parle démon du Fcnatisme. Assassinat de Henri III. Proclamation de Henri IV par l'armée. — Chant VI. Les Etats de la Ligue s'assemblent à Paris pour élire un roi. — Chant VII, Henri IV est transporté au ciel,peudant son sommeil, par saint Louis, qui lui montre dans le palais des Destins, ses ancêtres, sa postérité et les grands hommes de la France. — Chant VIII. Le comte d'Egmont amène à Mayenne et aux Ligueurs des secours de l'Espagne, Bataille dlvry (2). — Chant IX. L'Amour entraîne le héros dans le château habité par Qabrielle d'Estrées. Duplessis-Mornay* vient arracher Henri IV à son oisiveté. — Chant X. Retour du roi. Paris affamé. La Vérité vient éclairer l'esprit de Henri IV, qui se convertit au catholicisme. Paris lui ouvre les portes.

Inutile de faire remarquer les nombreuses et scolaires imitations de VEnéideà^ Virgile (récit, songe, combats, etc.). Le chant IX est inspiré à Voltaire par l'épisode des jardins d'Armide dans la Jérusalem délivrée^ du Tasse. Le style de la Henriade est ce qui nous satisfait le moins aujourd'hui.

Poésie philosophique. Epitres. — Voltaire a composé des Discours en vers, Si» VHomme, au nombre de sept. Ces discours ont été écrits de 1738 à 1740, et envoyés l'un après l'autre à Frédéric. — En 1756, Voltaire écrit le Poème sur le désastre de Lisbonne^ à propos du tremblement de terre de 1755. — La même année, il donne le poème sur la Religion riaturelle. — Tous ces morceaux philosophiques ont été fort admirés au xvm^ siècle. Aujourd'hui, ils nous paraissent froids et superficiels.

Les Epitres, tnrès nombreuses, les unes didactiques, les autres d'un ton plus libre et plus intime, ont en partie conservé leur prix. Parmi les épitres, on peut citer A Boileau (1769), A Horace (1772) (3), Aux Mânes de M. de GenonviUe (1729) (4). r- A M"* du Châtelet, sur la Calomnie (1734), A M^^ Denis sur les Charmes de la retraite (1748) (5).

Les Poésies diverses. — Les Satires de Voltaire n'ont pas la forme didactique des satires de Boileau. Les plus célèbres, celles où le talent de Voltaire, fait de nervosité

(1) Nous parlons plus loin du théâtre de Vullaire, p. tVô. (S) Morceaux choisis, 2« cycle, p. 669.

(3) Morceatuc choisis, 2* cycle, p. 656.

(5) Morcêoux choisit. 2* cyri«. p. 665.

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piqu&nte et d'impertinenoe agréable, se montre le mieux, Bont : le Mondain (1736) (1), " la Défense du Mondain (1737), — le Pauvre Diable (1758), amusante revue de tous les métiers auxquels peut se prendre successivement un déclassé, mais occasion surtout de dauber sur Desfontaines, Fréron, l'abbé Trublet, etc: (2)'.

Voltaire réussit très bien dans l'épigramme, le madrig:al,et en général dans les petites pièces de circonstance.

On peut, «nân, rattacher à la poésie le Temple du Goût (1733), car les vers y abondent.

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