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II. — Sous le Consulat et l'Empire

[o La Tragédie. — Sous TËmpire, le répertoire tragique est en faveur : Napoléon aime la tragédie. — Il est vrai que ce répertoire est surveillé et corrigé par la censure, qui en fait disparaître, au gré du mattre et des circonstances, toutes les allusions fâcheuses.

Parmi les nouveautés, Hector, de LuGE de Lanœval (1809), passa pour un chef-d'œuvre.

Brifaut avait écrit un Don Sanche ; mais on était en pleine guerre d'Espagne. Brifaut fut invité à transporter dans l'antiquité le sujet de sa pièce ; il en fit Ninus II (1813).

JouY, qui avait été officier aux Indes, donna un Tippo-SaXb (1813), où l'on chercherait vainement un peu de couleur locale ; il n'y en a pas plus que dans la Veuve du Malabar, de Lemierre.

Le plus grand succès tragique, d'ailleurs mérité, fut pour Us Templiers^ de Raynouard (1805) ; mais ce succès ne se renouvela pas pour les Klofs de Biais, en 1810.

^ La Comédie. — Quoique fort surveillée par la censure, la comédie continue à témoigner, sous l'Empire, d'une certaine vitalité.

Picard (1769-1828) avait débuté, sous la Révolution, par des pièces de circonstance. En 1801, il donna une remarquable satire de l'agiotage dans Duhautcours ; et, la même année, celle de ses pièces qui est restée le plus célèbre, la Petite Ville. Puis vinrent les MarionneUes (1806), les Rico* chets (1807), les Capitulations de conscience (1809), etc. Il devait donner encore sous la Restauration deux de ses plus grands succès ; les Deux PhUibert (1816) et les Trois Quartiers (1827).

Alex. Duval (1767-1842) fit jouer en 1802, Edouard eu EcosHj qui fut interdit à la seconde représentation, à cause des allusions ; puis, le Afenu»sier de Livonie (1805) sur Pierre le Grand, la Jeunesse de Henri V (180^ le Faux Stanislas (1809), etc.

Etienne (1778-1845). — Etienne se distingua d'abord par de petites pièces, où les travers nouveaux d'une société de parvenus étaient spirituellement observés et décrits : le Pacha de Suresnes (1802), la Petite Ecole des Pères (1803), etc. En 1810, il fit représenter une grande comédie

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en dnq actei et en ven, U» Deux Gendref , dont le succès lui valut un &u« teun à TAcadimie française.

30 n fout noter, enfin, le succès du Mélodrame sous le Ck>nsulat et l'Empire. C'était la tragédie populaire, à sujet historique ou romanesque, non bridée par les règles, et admettant jusqu'à l'incohérence le mélange des genres. Guilbert de Pixérégourt (ill3'iSM) obtint des triomphes avee VkUKT ou VEnfant de la foril (1798), Célina ou l*EnfarU du myetite (1801), lêê Ruines de Dabylone (1818), etc. II fut d'une prodigieuse fécondité d'ift* vention et ouvrit la voie au drame romantique. On l'avait surnommé le

• Ck)meille des Boulevards •. — A côté de lui, GAfONIEt (1762-1848), le

• Racine des Boiilevards », fit le Jugement de Saloman (18(tt), les BnfaMU du hOeheron (1809), la Pie voleuse (1815), etc.

40 La Poésie épique fleurit sous r£mpire. Peut^tre cfoirait«on que let poètes se sont inspirés des grands faits politiques et militaires de la vmlle ou du jour? Hélas I LucE DE Langival écnt ilcAttte d Scyros; BaOUR- LORMIAN, V Atlantide; Greuzé de Lesser, les Chetfalien drla TaUê Ronde^ etc., etc.

5^ La Poésie ^que. — H y a sous l'Empire quelques élégiaques à signaler, ne fdt-ce que pour établir la filiation entre André Ghénier et lee romantiques.

FONTANB8 (1757-1821), meilleur critique que poète, écrivit des pièeei asset laborieuses, mais d'un goût pur, d'un sentiment parfois profondi comme la Chartreuu de Paris, les Tombeaux de Saint-Denis^ les à Chateaubriand sur les Martyrs, le Jour des morts, etc.

CflftNBDOLLÉ (1769-1833) fit un poème sur le Génie de Vhomsis^ surtout des Etudes poétiques (1820), où se trouvent quelques pièces (Miiemieff. *

MiLtBVOYE (1788-1816) est resté câèbre par la Cfttite des femOrn et le Poète mourant,

0» La Poésie descriptive sévit de toutes parts pendant cette période antipoétique.— Le maître du chœur est Deulle (1738-1813). I^fesaettr de l'Université, bon latiniste, il acquit la plus grande célébrité par sa traduction des Géoryiques de Virgile (17G9), qui lui valut la chaire de poésie latine au Collège de France, et l'Académie française. En 17ftl| ffl publia les Jardins ; puis, V Homme des champs (1800), l^ Imagination (IM^ les Trois Règnes de la nature (1809), la Conversation (1818). Ce n'est pas un poète ; mais c'est un très habile versificateur.

70 Le Roman. — Les grands romans de l'époque sont Aida (1801), Aene (1804), Ddphine (1802), Corinne (1807), Adolphe (1816). A c6té de ces chefs-d'œuvre, inutile de retenir les innombrables produetioBs de W^ Cottin, de M>°« de Krudner, de M""» de Souza, etc.

8<» L'Histoire. — U faut citer les noms de : Daunou (1761-1840), archiviste de l'Empire à partir de 1807, professeur au GcAège de Francei

CBATBAUBtllAlft). •- U^* DB StAËL Mft

qui tnvailia en véritable eavaDt à continuer lea Hiatotùni de la France de Dom Bouquet et V Histoire littéraire des Bénédictins; — SiSMONDi (1773-1842), auteur de VHistoire des républiques italiennes et de VHistoire des Français, écrites sous l'Empire, publiées sous la Restauration et sous Louis-Philippe.

9^ La Critique. — Stiard (1733-1817) représente la critique du xvtii® siècle ; il avait travaillé à VEncydopédie ; il dirige jusqu'en 1810 le PuUidste. Sai manière est élégante et froide ; il ne manque ni d'intelligence ni do finesse. — Nous retrouvons La Harpe (1803), qui de 1793 à 1803 fsdt encore ses cours publics au lycée Marbeuf, faubourg Saint- Honoré. — Joubert (1754-1824) ne publie rien, mais par sa conversation et par ses conseils, il a une influence sur la littérature de son temps. Ses Pensées et sa Correspondance ont paru en 1842.

Au Journal des Débats, fondé en 1789, apparaissent les critiques les plus originaux : Hoffmann, fin et piquant; Dussault, solide et lourd; DE Féletz, délicat et ironique; Boissonade, helléniste très érudit et très spirituel; et surtout Geoffroy (1743-1814), qui occupa pendant quatone ans le feuilleton.

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