‹ Précis de littérature françaiseChapitre 207 sur 276 · II. — La Transition · texte numérisé non relu

II. — La Transition

Théophile Gantier (1811-1872). — Th. Gautier se croit d*abord la voca* tion de peintre (et il ne se trompe que sur l'emploi des procédés) ; c'est comme rapi% élève de Rioult, qu'il prend part à c la bataille d'JEfenuifti t, et qu'il scandalise les c philistins » avec son pourpoint rouge cerise, son pantalon vert d'eau, et son pardessus gris noisette. Il publie ses premiers vers à la fin de 1830. En 1833, son originalité se détermine dans Albertm^ où il se montre romantique assez exagéré ; mais la même année, avec une désinvolture d'esprit qui rappelle celle de Musset, « il blague » ses amis dans les Jeune-France. Il commence à cette époque à écrire dans les revues et dans les journaux ; c'est en 1837 qu'il entre à la Presse pour y faire la critique dramatique et la critique d'art ; puis, en 1845, il passe au Moniteur. Il n'en continue pas moins à publier des vers, parallèlement avec des romans : la Comédie de la mort (1838), Émaux et Camées (1852), le Roman de la momie (1856), le Capitaine Fracasse (1863) ; et des voyages ; Tra los montes (Voyages en Espagne, 1839), Italia (185^, ConstantinopU (1854), Voyage en Russie (1866).

Théophile Gautier pratique le premier la théorie de Vari pour Vari* Selon lui, le poète est un homme qui voit le monde extérieur et qui en exprime, en vers plastiques et colorés, les aspects divers. Ce n'est pas qu*il bannisse toute idée de la poésie ; mais il n'enimpose aucune à soniecteur; celui-ci, devant un tableau ou devant une silhouette, éprouvera tel ou tel sentiment, comme devant la réalité. Aussi Gautier est-Q avant tout un grand artiste, qui peut-être, en plein romantisme, a sauvé notre langue et notre versification d'une sorte de diffusion verbale et rythmique. Son chef-d'œuvre est Émaux ef Camées (1852) (1).

Baudelaire (1821-1867). — Bauddaire peut être réclamé à la fois par les Parnassiens et par les.Symbolistes. Esprit étrange, sensibilité maladive, goût du rare et du faux, mépris du simple et du vrai, culte de la forme et du rythme, tout ce qui se développera, qualités et défauts, dans les deux écoles, apparaît chez lui. Un seul recueil, les Fleurs du mal (1857), fit sa réputation. On y trouve une mélancolie malsaine, un réalisme choquant, des élégances parfois exquises. Baudelaire a laissé nn^ excellente traduction des œuvres d'Edgar Poe.

Théodore de Banville (1823-1891) se rattache à Théophile Gautier et aux Parnassiens. Banville pousse à l'excès la doctrine de Vart pour Vort^ et semble s'appliquer exclusivement à la richesse de la rime. B a exposé ses théories dans son Petit traité de versification française (1872). Ses principaux recueils sont : les CariaHdes (1842), les Stalactites (1846), OdeUUeê

1) Morceaux cfoitif, %• efclt, p. 984.

(l85t), Oâêi fiânambuhsques (Î857). Son talent de ciseleur n'exclut ni la finesse ni la sensibilité (1)

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