‹ Précis de littérature françaiseChapitre 210 sur 276 · I. — Les Théories · texte numérisé non relu

I. — Les Théories

CSes théories sont exposées avec éclat dans la célèbre préface de Oromipetf, écrite par Victor Hugo en 1827. dette préface a été considérée comme le manifeste de Ta jeune école dramatique ; ce n'est pas Qu'elle soit fort originale. Toutes les idées de Victor Hugo sont dans la cntique courante de son temps. Mais Victor Hugo, mesurant Tefifort à la résistance, fit de sa préface une machine de guerre, énorme et bruyante, bourrée de paradoxes et d'antithèses, revêtue d'un style éclatant. Cette finis, le public et les auteurs furent touchés.

duaxb ROMANTiQua 353.

Analyte de U prMaee de CcomwéU. — Viotor Hugo jette d'eboid nn coup d'œil d'ensemble sur le dôyeloppement de la poésie à travers l'humanité. La poésie s'est '\

éveillée dans le monde aveo l'homme lui-même ; mais oette poésie fut alors toute 4

d'extase et d'adoration, toute lyrique. A mesure que l'humanité évolue et agiit la poésie devient épiqtu, La Genèse représente le lyrisme ; Homère incame V épopée^ laquelle eonserve ses earaotères essentiels quand, au lieu d'être ohantée ou réoitée, elle est mise en action sur le théâtre. Enfin, l'avènement du ehristianisme révèle à l'homme sa dualité ; l'homme rentre en lui-même ; et son cœur estdésormais partagé entre les vertus qu'il doit pratiquer et les instincts de sa nature qui le portent au mal : c'est Vâge dramatifue.

Or, eontinue Victor Hugo, le drame a pour objet la fsériU. C'est donc bien à tort, selon lui, qu'on a créé à l'époque classique deux jfenres séparés { tragédie pour les passions nobles et terribles, comédie pour les ridicules. Ici, les larmes ; là, le rire. Réunissons ces deux éléments, le beau et le laid, le suhlifM et le groifisqui» c La poésie complète est dans l'harmonie des contraires. » Retenons bien cette dernière formule ; car Viotor Hugo, qui proscrit les unitU de temps et de Zieu, conserve VuniU d'odûm, et tient à l'unité d'impression. — Enfin, Viotor Hugo fait de très judicieuses réflexions sur le style dramatique en vers. \JaUxandrin, le vers traditionnel de la tragédie, doit rester celui du drame ; mais il le faut assouplir et colorer, en révenant à certaines libertés interdites depuis deux siècles : enjambement, déplacement de la césure, etc. ; d'ailleurs, c rester fidèle à la rime, cette esclave-reine, cette suprême gr&ce de notre poésie », et c fuir la tirade », car c'est le perwfvnage qui doit parler et non l'ati/eur (1).

n faudrait compléter cette théorie générale du drame romantique par les autres préfaces de Victor Hugo, publiées en tête de chacune de ses pièces. La thèse du sublime et du grotesque, notamment, est reprise dans les préfaces du R&i s'cànuse (1832) et de ÎAicrèce Borgia (1833). Autre chose dans les préfaces de Marie Tudor (1834) et de Ruy Bios (1838) : ces drames ont un sens historique et philosophique ; le poète est un penseur et un prophète.

Enfin, n'oublions pas qu'Alfred de Vigny a écrit, en 1829, en tête de sa traduction d*CHheUo, une Lettre à Lord XXX^ où la question des unitéSi du style, de la liberté au théâtre est reprise et traitée avec une solennité un peu apocalyptique, mais toutefois avec un certain sens critique ; et, en 1834, en tête de Chatterton : Dernière nuit de travail,.., sur la signification morale et sociale du drame.

A. de Musset n'a point fait de théorie du romantisme au théâtre ; il s'est contenté de persifler spirituellement celles des autres, dans ses Lettres de Dupuis et CoUmet.

<l) Morceaux choisi*. S* cycle, p. lOOS,

OBS GBANGKS. — Préci» de Littérature. Il

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