II. — Sous la Monarchie de Juillet
Sous le gouvernement de Louis-Philippe, les plus célèbres orateurs par* lementaires furent : le duc de Drogue (f 1870) ; — Guizot (f 1874), qui fut ministre de 1840 à 1848, et qui tenait tête à la plus vive opposition, par son sang-froid et par ses principes doctrinaires. Cette âoquence, en son fond, est belle et solide, surtout parce que Guizot a des idées générales qu'il appuie sur l'histoire.
Parmi les plus remarquables adversaires de Gvdzot, il fout distinguer Berryeb (f 1868), grand avocat plutôt qu'homme politique ; — Mqn- TALEMBEBT (f 1870), dout l'éloqueuce ardente et généreuse était plutôt
(1) Mmetaux ehniaig, i- cycla. p. 545 ; f* eyda, p. If51.
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lomantiqae ; — Thibrs (t 1877), toujours dair et précis, admirable f avocat d'affaires ».
Berryer (1790-1868), fils d'avocat, entra lui-même au barreau, et défendit, sous la Restauration, les généraux Ney et Gambronne. Député en 1830, il fut un des chefs de Topposition dynastique sous le gouvernement de Juillet. Légitimiste loyal et convaincu, il obtint toujours le respect et l'admiration de ses adversaires. Il abandonna la politique après 1851, y rentra en 1863 ; et, comme député au Corps législatif, il combattit le second Empire. Avec son généreux talent, sa voix superbe, son geste énergique, ses beaux et pathétiques mouvements, Berryer reste plutôt un avocat qu'un orateur parlementaire.
Montalembert (1810-1870). — Collaborateur de rAvenir en 1831, Montalembert se posa dès cette époque en champion [de la liberté de l'enseignement, n ouvrit une école le 9 mai 1831, sans l'autorisation de l'Université (qui possédait alors le monopole) et prononça, devant la chambre des Pairs, à l'âge de 21 ans, son plus beau discours.
Lamartine (179M869). — Député de 1834 à 1848, membre du Gouvernement provisoire, Lamartine avait dit, en entrant à la Chambre : f Je siégerai au plafond », ce qui signifiait : c au-dessus de tous les partis ». Mais il traite avec compétence les questions les plus diverses. Ses vues sont justes et souvent prophétiques. Il revêt ses idées d'un style ample et harmonieux, qui paraît d'ordinaire un peu diffus à la lecture, mais qui parfois aussi abonde en formules concises et ing^énieuses. Son improvisation au peuple, à l'Hôtel de Ville, sur le drapeau tricolore et le drapeau rouge (1849), est belle comme un fragment de Démosthène ou des Gracques.