‹ Précis de littérature françaiseChapitre 42 sur 276 · i^remière période : du XIII* au XV* sièele · texte numérisé non relu

i^remière période : du XIII* au XV* sièele

Origines. — Les jongleurs colportaient de ville en ville un répertoire de Monologues, de Dits, etc., où l'on peut retrouver les origines des premières comédies. Mais nous ne possédons aucun texte dramatique avant le XIII siècle, ; le xiv* présente ensuite une lacune complète et difficile à expliquer. 11 est probable que la plupart des sujets représentés au xv*, époque où tous les genres comiques s'épanouissent largement, sont des remaniements de pièces plus anciennes.

Adam de la Halle (1230-1288 ?). — Par un singulier hasard, nous commençons cependant par des œuvres datées, signées, et dont Tauteur semble avoir eu la personnalité littéraire la plus marquée.

Adam de la Halle, comme Jean Bodel, était d'Arras. D'abord destiné à l'Église, il s'éprit d'une jeune fille qu'il épousa. Plus tard, il résolut d'aller à Paris pour s'arracher à l'oisiveté provinciale. Avant de partir, en 1262, il fit représenter sa première pièce, le Jeu de la FeutUée. Puis il suivit Robert d'Artois à Naples, en 1283, quand celui-ci fut envoyé au secours de Charles d'Anjou.

Le Jeu de la FenUlée ou Jeu Adam ne fut probablement pas joué en publie. La leprésentatiou dut en être donnée dans un put, ce qui expliquerait la hardiesse excessive de certains traits satiriques. La scène est placée sous une tonnelle de verdure, une feuillécy élevée pour célébrer le retour du printemps.

Dans le Jeu de Robin et Manon, que Ton a appelé justement le premier de nos opéras-comiques, il y a des scènes parlées et des scènes chantées dont on a retrouvé la musique, composée par Adam lui-même. — Ce n'est qu'une pastcurelle dramatisée, mais avec goût. — La bergère Marion, tout en gardant ses moutons, r hante son amour pour Robin. Arrive un chevalier, faucon au poing. Il demande à là bergère de le suivre en son château ; celle-ci lui répond qu'il perd sa peine, §!: qu'elle n'aimera jamais que Robin. Le chevalier s'en va, et Robin paraît ; -on ' •ause, on mange, on danse. Mais le berger étant parti pour chercher des amis, le ehcvalier revient ; et cette fois, il emporte Marion sur son cheval, aux yeux de Bjbin et de ses eompagnons, qui n'osent engager la lutte avee luL Marion se

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