II. — Le XV* siècle : les Sociétés joyeuses
Pas plus que les mirades et les mystères; les comédies du moyen âge n'ont été jouées par des artistes professionnels. Les plus célèbres confréries joyeuses à Paris furent celles des Clercs de la Basothe et des Enfants-sans- Souci,
Les Clercs de la Basoche. — Basoche, du latin basUica, désignait le Palais de Justice. La Basoche du Parlement comprenait les clercs de procureurs, les clercs d'avocats^ les clercs de greffiers, et les clercs de conseillers au Parlement ; la Basoche du Châtelet, les clercs de notaires et tes clercs des procureurs et dos greffiers du Ghâtelet. La Grande Basoche (celle du Parlement) semble avoir existé depuis les premières années du xiv^ siècle ; et elle a duré jusqu'à la fin du xvi*. Elle jouissait de prérogatives : élection d'un rot, droit de battre^ monnaie, permission de jouer sur la table de marbre du Palais, etc. Des fêtes de la Basoche avaient Heu chaque année, au printemps, pour la plantation du mai, et en juillet On croit que les clercs jouaient plus spécialement des farces et des pantomimes.
Les Enfants-sans-Soud ou les sots, sont habillés, comme les fous de cour, mi-partie en jaune, mi-partie en vert ; ils ont sur la tête un chapeau garni de grelots et surmonté d'oreilles d'âne ; à la main, ils tiennent une marotte. Les sots étaient probablement des étudiants pauvres, des bohèmes joyeux ; mais ils paraissent, à de certaines dates, s'être presque confondus avec les Basoàdens, A la tête de cette société, était le Prince des sots; la seconde dignité était celle de Mère-Sotte, titre que porta le poète Gringoire. Les En fants-sans- Souci }ouhient des soties et aussi des farces et des moralités, jusqu'à la fin du xvr siècle.
Autres Sociétés. — On pourrait citer encore de très nombreuses Sociétés joyeuses, tant à Paris qu^en province : à Paris, VEmpire de Galilée ; à Dijon, la Mère folle ; à Lyon, les Suppâts du Seigneur de la CoquiUe, société composée d'ouvriers typographes ; à Rouen, les Conruards, etc.