L'HISTOIRE
I, — Les Origines*
L'Histoire rédigée en latin. — Les premiers monuments de notre tiis* toire nationale sont rédigés en latin.
Grégoire de Tours (544-595) a laissé une Ilistoria Francorum^ où se trouve le récit des événements compris entre les années 397 et 591. Il a été continué, jusqu'à l'année 641, par Frédégaire (mort vers 660 ?) — Du viir siècle au xi®, on peut encore ciler toute une séiiô de chroniques et d'annales, des vies de saints et de rois, et des récits de croisades. — Le tout aboutit à la Chronique de Saint- Benoît, à la Chronique de Saint-Germain-des-Prés, et au xili* siècle, à V Ilistoria regum Francorum,
L'Histoire rédigée en vers français. — Parmi les ouvrages historiques en vers, il faut distinguer les deux grands poèmes de Robert Wace : le Brut (histoire des Bretons, auxquels on donne pour héros éponyme Brutus) en 15.000 vers ; et le Rmi (Rollon, histoire des Normands), en 16.500 vers. Ces deux histoires sont continuées par la Chronique des ducs de Normandie, en 42.000 vers, par Benoît de Sainte-More.
L'Histofare en prose française. — Vers la fin du xiii® siècle, Tabbé de Saint-Denis, Mathieu de Vendôme, fit exécuter par le moine Primat une traduction en français de toutes les chroniques latines antérieures. Ce travail fut continué jusqu'à Cl:arl es V. Il devint alors une sorte d'histoire officielle, qui a pour tilre : Grandes Chroniques de Saint-Denis, dont la collection complète nous mène jusqu'à l'avènement de Louis XL
T^us allons étudier séparément les écrivains que l'on a coutume d'appeler les quatre chroniqueurs du moyen âge, et qui sont séparés Tun de l*autre environ par un siècle : Villehardouin est mort en 1213 ; Joinville, en 1317 ; Froissart, en 1410 (?) ; Gommines, en 1511.