‹ Précis de littérature françaiseChapitre 50 sur 276 · II. — ViUehardouin · texte numérisé non relu

II. — ViUehardouin

Vie. — La date exacte de la naissance de Geoffroy de Villehardouin est inconnue ; mais elle doit se placer entre les années 1150 et 1164. Tout ce que nous savons de lui, avant son départ pour la Croisade, c'est qu'il fut maréchal de Champagne, à dater de 1191 ; nous n'avons sa biographie que pour les années 1198 à 1207, période embrassée pas ses Mémoires. Il mourut à Messinople, vers 1213,

Villehardouin, en effet, ne devait jamais revoir la France, qu'il quitta en 1198 pour aller négocier à Venise le transport des Croisés en Orient. Tous les détails de cette expédition, nous les connaissons par son livre. D y apparaît à la fois comme un habile diplomate et comme un brave chevalier.

C'est pendant les dernières années de sa vie, à Messinople, que Villehardouin a rédigé ses Mémoires ; et l'on peut affirmer, nous le verrons plus loin, que ce fut moins pour écrire une narration intéressante que pour se justifier d'avoir contribué à faire dévier l'expédition. Le manuscrit fut de boDue heure connu en France et à Venise. La première édition imprimée est celle de Du Cange (1657).

Analyse de la Conquête de Constantmoplf. — Après quelques chapitres consacrés à la prédication de la Croisade et aux préliminaires, Villehardouin nous transporté à Venise, où le doge Dandolo accorde aux Croisés des vaisseaux, pour une somme de Sô.OOO marcs d'argent. Le doge, aveugle, prend lui-même la croix dans l'église de Saint-Marc (1).

Mais l'accord est déjà rompu entre les Croisés. Ii en est parmi eux qui, refusant dd s'embarquer à Venise, se sont dirigés vers d'autres ports. Aussi ne peut-on plus réunir la somme prévue par le contrat signé précédemment, et doit-on s'engager à en payer le dernier terme par la conquête de Zara, port d'EscIavonie enlevé à la république par le roi de Hongrie, et qu'on restitue aux Vénitiens (70-91).

Les Croisés hivernent à Zara ; là, ils avaient reçu de dangereuses et séduisantes piopositions du jeune Alexis IV, héritier de l'empereur de Constantinople Isaae l'Ange, qui, sept ans auparavant, avait été détrôné par son frère, /.lexis demandait aux Croisés de le rétablir en son empire ; il les en récompenserait par 200.000 marcs d'argent et un renfort de 10.000 hommes pour leur expédition de Palestine. — Les Croisés arrivent en vue de Constantinople, dont la beauté les saisit ; on oitmpe' d'abord en face de la ville, et plusieurs conseils sont tenus pour préparer l'attaque (2) ^

(1) Morceaux ehoit^Sy 2* cycle, p. 93.

(2) Morceaux choisit^ 2* cycle, p. 95.

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