CHAPITRE PREMIER TABLEAU GÉNÉRAL DU MOYEN AQE
SOMMAIRE
V Le moyen ftge comprend la période qui s'étend do 842 (Serment de Strasbourg) à 1515 {avènement de François !«'). — Mais les xiv® et xv« sièoles peuvent être con- Bidérés comme une transition.
' 2° La littérature du moyen ftge s'adresse à des auditeurs plutôt qu'à de« leeiews ; nous ne possédons presque jamais, sauf pour les Chroniques^ les textes oriffinaux, mais des remaniements; — nécessité de les replacer à leur date historique et dans eur milieu social ; — on y trou^ déjà toutes les qualités de Vespnt français.
3<> Les classes sociales : comment les écrivains les représentent, et quelle influence elles ont sur eux. — Le clergé, \Panstocratie, la bourgeoisie et le peuple,
40 L'enseignement : les écoles primaires, secondaires, supérieures; les collèges, la Sorbonne, les Universités; les programmes. — Les manuscrits.
6° Les arts et les sciences : l'architecture art souverain : le roman, le gothique. — Le mouvement scientifique, lent mais réel.
60 Les influences extérieures viennent modifier ou enrichir l'esprit français : les Arabes, la conquête de V Angleterre par les Normands, les Croisades, le Midi^ la gt4erre de Cent ans, les littératures étrangères.
I — Grandes divisions du moyen ftge.
Dans l'histoire de la littérature française, on désigne sous le nom de moyen âge la longue période qui s'étend de 842 {Serment de Strasbourg) jusqu'en 1515 environ (avènement de François I®') ; encore cette dernière date doit-elle être reportée jusqu'en 1548 pour le théâtre (interdiction des Mystères par le Parlement). Celte dénomination uniforme, appliquée à plus de six siècles de notre liistoire littéraire, est consacrée par la tradition, mais reste discutable, et n'a pas été adoptée par tous les critiques. Quelques-uns voudraient que l'on divisât celte période en deux parties : 1° de 842 à 1328 (avènement des Valois) ; — 2» de 1328 à 1515, période qui formerait une sorte de Pré-Renaissance,
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fl. —- Principes à suivre dans Pétude des œuvres
littéraires du moyen ftge.
i^ D'une manière générale, la littérature du moyen ftge ne s'adresse pas i des lecteurs f mais à des auditeurs. De là Tabus des mêmes formules de transition^ des clichés destinés à évoquer certains personnages ou tableaux de convention, des négligences et des prolixités qui. sentent le bavardage, des symétries et des refrains^ etc..
2^ Jusqu'au xv^ siècle, et surtout en poésie, presque aucun ouvrage, à l'exception des Mémoires et de certaines Chroniques^ n'est original au sens où nous l'entendons aujourd'hui. Tout sujet épique, lyrique, satirique, dramatique, est repris de génération en génération et complété ou transformé ; on en conserve des parties anciennes, auxquelles on en juxtapose des nouvelles. C'est ainsi que des anachronismos singuliers se glissent dans les Chansons de geste, les roman5,les fabliatuc,eic,
3® Il faut toujours replacer une œuvre du moyen âge dans le milieu social pour lequel elle a été créée : aristocratie, clergé, bourgeoisie.
40 Malgré les profondes différences qui séparent ces œuvres de celles qui apparaissent à la Renaissance et à l'époque classique, on y découvre déjà cependant tous les caractères essentiels de l'esprit français : art de la composition, vie intense des caractères, but moro/, langue claire et spirituelle.