La Pléiade
Joachim du Bellay (1525-1560). — Né à Lire, près d'Angers, il appar* tient à l'illustre famille qui a donné, en ce même xvi® siècle : Guillaume du Bellay, seigneur de Langey, ambassadeur de François I^' en Italie, en Allemagne, et en Angleterre, auteur des Mémoires publiés en 1569 ; Martin du Bellay, son frère, également auteur de Mémoires ; et le cardinal Jean du Bellay, ambassadeur, hiunaniste distingué, protecteur de Rabelais, et l'un des patrons du Collège de France. Best donc, comme Ronsard, bon gentilhomme et, comme lui, destiné d'abord aux armes ou à la diplomatie. Atteint de surdité, lui aussi, et maladif, il se porta avec ardeur vers l'étude des anciens et surtout des Italiens. C'est lui qui publia en 1549 le manifeste de la nouvelle école, la Défense et lUustration de la langue française. En 1551, il accompagne à Rome, comme secrétaire, son onde le cardinal. Là, humilié d'une situation subalterne, il compose ses Regrets, puis ses Antiquités de Rome. Devenu entièrement sourd et de plus en plus malade, il meurt subitement, à l'âge de trente-cinq ans.
Outre sa Défense, en prose, Joachim du Bellay a publié : VOlive^ recueil de sonnets dédiés à M"^ de Viole (dont Olive est l'anagramme) ; c'est du pétrarqaisme, souvent très affecté, souvent aussi agréable et élevé (1) ; — les Regrets, autre recueil de sonnets écrits à Rome, et dans
(I) Morceaux ehoûû, l** cycle, p. 81.