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LA PLÉIADE

lesquels dominent la mélancolie, l'ironie et la satire : le poète est partagé entre la nostalgie du pays natal, et les colères que soulèvent, en son cœur généreux, les adlures et les mœurs de la cour romaine (1) ; — les ArUiqui' tés de Rome, autre recueil de sonnets, où Ton retrouve les sentiments précé* dents, mais aussi une gravité, une élévation de ton, qui rapprochent du Bellay de nos grands romantiques (2). Il a eniin laissé une des plus belles satires, dans la forme même de Mathurin Régnier et de Boileau, le Poète courtisan (3).

J. du Bellay n*a ni la variété, ni la puissance de Ronsard. Mais il paraît souvent plus sincère dans l'expression de ses sentiments ; il est moins pédantesque dans son imitation des anciens, et sa langue est moins inégale. Il est bien, celui-là, Tancâtre des romantiques, par son pessimisme, sa mélancolie, et sa poésie toute personnelle.

Rémi Belleaa (1528-1577) est surtout connu par ses Bergeries, dont le cadre est un dialogue en prose entre des bergers de convention ; de nombreuses pièces de vers y sont insérées, et témoignent d'un vif et pénétrant amour de la nature. On a cité partout les petites pièces de Mai et d'i4mr(4).

Antoine de Baîf (1S32-1590) appartient, lui aussi, à l'une des plus illustres familles du xvT siècle. Il a beaucoup écrit, et aucune de ses œuvres n'est de premier ordre. Sa poésie est d'une érudition fatigante; mais on peut citer de lui quelques pièces agréables (5). Il avait voulu introduire dans la versification française une métrique nouvelle, analogue à celle des anciens ; au lieu d'établir le rythme d'après le nombre de syllabes, on l'aurait fondé sur la cEtsposition des brèves et des longues,

Pontus de Thyard (1511-1603) se rapproche plutôt de l'école lyonnaise.

Nous aurons passé en revue tous les membres de la Pléiade, quand nous aurons rappelé Jean Daorat, le maître de Ronsard, de Du Bellay, de Baîf et de Jodelle. Daurat n'a fait que des vers latins et grecs ; mais, s'il n'est pas lui-même un écrivain français, on peut dire que sans lui, Ronsard et quelques-uns de. ses plus illustres disciples n'eussent point connu les sources où ils ont puisé

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