CHAPITRE IV RABELAIS. — LES CONTEURS
SOMMAIRE
I. Fnmçoia RabêlaîB (14907-1553).— 1^ Né à Chinon, fut moine, médecin ; selourna à Lyon, à Rome, à Metz, etc., et mena une existence très instable.
2^ n publia Gargantua et Pantagruel, de 1533 à 1553, en quatre livres ; le cinquième parut dix ans après sa mort : son authenticité est douteuse.
B*^ Qais^antua, fils de Grandgousier, géant, fait des voyages, étudie à r Université de Bari8;il aide son père à combattre le roi Picrochole. Le moine Frère Jean des En* tommeures assomme vaillamment les ennemis; pour le récompenser, Gargantua lui donne Vabbaye de Thilème, dont la règle est : fay ce que voudras, — Pantagruel, AIe de Gargantua, étudie à Orléans et à Paris, puis rencontre Panurge. Celui-ci, ne sachant s'il doit se marier, entreprend un long voyage, où il consulte successivement plusieurs personnageSy jusqu'à ce qu'il arrive à l'oracle de la Dive BouteiOe, qui lui répond : Btiwf.
(i) Morceaux ehoitis, !•' cycle, p. 84 ; 2* cycle, p. 181, (S) Mtreeaux choitU, 2* cyclt, p. 183.
4* LeiB oaraist^rte sont très timpUs ; ih ineunentf d'nhe part^ Iw tendances eoii'< ft'adîetoîfes de Rabelais Ini-mème ; d'autre part, ils symbolisât èes instituticma^ des abus, dont Rabelais fût la satire.
5^ La pédagogie de Rabelais peut se résumer en : amour de la seience, leçons de cboses, exeroioes physiques. Pas assez d'importance donnée à VMucaiion ; le mattr« ne paraît pas laisser d'initiatiye à son élève.
G" Ëcrivam, lUbelaîs est remarquable par l'aboiylance de son vocabulaire et par sa puissance verbale,
IL Antres contents. — Bonaventure dès Péfién publie, $n 1587, le Oorâon au Mùnde, hardi pamphlet contre la religion ; après sa mort parurent ses Nouvelles, o^ il se montre charmant conteur ; — Marguimiette Valois, sœur de Fran'^ois I®', compose, à l'imitation dû Décaméron de Booeace, VBeptaméran, recueil de contes, qui ne parut qu'après sa mort, en 1598 ; — BraMme écrit les Vies des Orands Capitaines, 1m Vies des Dames ^lustrest etc.
I, — Rabelais ([1490?-1553).
Vie de Rabelais. — François Rabelais, né à Ghinon en 1490 ou 1495^ était le cinquième enfant d'un modeste vigneron. Le père voulut faire de son dernier-né un moine, et le petit François étudia à Tabbaye de Seuillé, puis au couvent de la Beaumette. Il entra, comme moine, à l'abbaye des Gordeliers de Fontenay-le-Comte, où il resta qujnze ans et fut ordonné prêtre. En 1523, Rabelais quitte le couvent de Fontenay-le- Comte, pour passer à Tabbaye bénédictine de Ligugé. Mais il n'y demeure pas longtemps. En 1525, il prend l'habit de prêtre séculier, et commence à voyager. C'est une période obscure de sa vie. On signale le passage de Rabelais à Poitiers, Bourges, Bordeaux, Tôiiîbuse, Avignon, Paris ; et, en 1530, on le trouve à Montpellier, où il étudie la médecine. Ces « voyages d'études » étaient à la mode au xvi® siècle.
En 1531, Rabelais est à Lyon. Il y exerce déjà la médecine. De novembre 1532 à la fin de 1533, il est attaché comme médecin au grand hôpital de Lyon, aux appointements de 40 livres par an. Il publie une traduction latine d'Hippocrate et de Galien. Vers la même époque, il rédige des almanachs, destinés à distraire et à faire rire ses malades; il écrit dans la même intentionja Pantagrueline pronostication et remanie pour un libraire une Légende populaire, sous ce titre : les Grandes et Inestimables Chroniques du grand et énorme géant Gargantua (1532). « n s'en est vendu plus en un mois, dit-il, que de Bibles en neuf ans. » C'est alors qu'il a probablement l'idée d'élargir et de continuer cette histoire pour en faire son roman burlesque, dont il publie le premier livre (1533).
A la fin de Tannée 1533, le cardinal Jean du Bellay passe par Lyon ; il prend avec lui Rabelais, qu'il emmène à Rome, peut-être comme médecin attaché à sa maison. Rabelais, toujours avide de savoir^ s'occupe d'archéologie ; son intention est de pUbliei^ une topographie de 1à Rom<>