‹ Précis de littérature françaiseChapitre 77 sur 276 · II. — Les Érudits · texte numérisé non relu

II. — Les Érudits

Henri Estienne (1532-1598). — Henri II Estienne, fils de Robert !•' Estienne, le célèbre imprimeur, fut une sorte d'enfant prodige. D appritt

U) Morctaux ehoitU, 1« cyeli, p. 100 i — !• cycle, pp. 161-167.

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en se jouant, le latin et le grec ; et, à Tâge de dix-sept ans, 11 coUationnait des textes grecs pour les éditions de son père. Il entreprit une tournée à travers les principales bibliothèques dltalie, de Flandre et d'Angleterre, •t en rapporta des matériaux pour son Thésaurus Hnguœ grœeœ, ou Difitîoimaire de la langue grecque, qu'il publia en 1572. Pour se reposer de ses travaux d'érudition, il composa plusieurs ouvrages de circonstance : d'abord V Apologie pour Hérodote, sorte d'Introduction destinée à accompagner l'édition qu'il avait publiée en 1566 ; c'est un pamphlet plutôt libertin que protestant, Lestatholiques appelèrent Ëstienne le Pantagruel de Genève^ et Genève désavoua et bannit ce compromettant défonseur.

Les autres ouvrages de Henri Ëstienne sont d'un caractère plus phUologique^ mais le style est toujours celui de la polémique. Dans le Traité de la conformité du langage françois avec le grec (1565), Henri Ëstienne soutient que, de toutes les langues modernes, la française est celle qui ofi&» le plus d'analogies avec le grec.

Plus intéressante, surtout à sa date, est la Précelleme du langage françois, publiée en 1579. C'est une docte et vivante défense du français contre l'italien, ou plutôt contre VitcUianisme qui envahissait la cour.

Henri Ëstienne reprit, après l'achèvement de son Thésaurus, tes courses errantes à travers les bibliothèques et l'Europe. Il finit par mourir, vagabond de la science, à l'hôpital de Lyon, en mars 1598 (i).

Etienne Pasquier (1529-1615). — Avocat et magistrat de premier ordre, Pasquier appartient à l'histoire de la littérature par ses Recherches de la France (1561-70) et par ses Lettres, — Les Recherches se composent de neuf livres, dans lesquels Pasquier discute, sans ordre déterminé, toutes sortes de questions relatives aux institutions, coutumes, mœurs, langue, monuments, etc., de l'ancienne France. L'intérêt de ces mélanges, comme les appelle l'auteur lui-même, vient de la sûreté des informations, que Pasquier avait recueillies aux sources les plus diverses, bibliothèques, manuscrits, correspondances, etc.. Cet ouvrage est encore très précieux à consulter. (2).

m. — Les Écrivains scientifiques.

Au moment où se forme une langue, l'apport des écrivains scientifiquep est des plus utiles. Chacun d'eux, en obligeant le vocabulaire à exprima des choses nouvelles, l'exerce et renrichit.

Stnuupd Palîs^ (1510-1589). — Palissy mérite une i^aee d'honneur dans l'histoire de la volonté et dans celle des lettres, par ses Discours admirables de la nature des eaux et fontaines, etc. Cet ouvrage est celui

(1) Morettsux ehoiti», 2« cyr.ls, p. îtl, O) MofMotiz oftoifit, !• cyck, p. S7i.

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