IV. ^- Les ÊcriTains politiques
La Boétie (1530-1563). — On a oublié ses traductions du grec (les Eco* nomiques d'Âristote, la Mesnager^le de XéAophon, etc.)» et ses poésies (dont vingt-neuf «onnet^ publiés dans les Essais, 1, 28), pour ne considérer en ce célèbre ami de Montaigne que VoMtewtàr^. Discours sur la servitude voUmUiire (appelé aussi le Contre un), qu'il écrivit à l'âge de dix-huit ans, La Boétie s'inspire de cette maxime de Sénèque (Lettres à Lucilius, 47) : « NuUa servUus turpior est quam voluntaria. » — Ce discours est propre* ment^ce que les anciens appelaient une déclamation ; et nous savons par Montaigne que La Boétie « l'écrivit en manière d'essai en sa première jeunesse, à l'honneur de la liberté contre les tyrans ». Montaigne dit encore : < Ce sujet fut traité par lui en son enfance par manière d exercitation seulement, comme sujet vulgaire et tracassé en mille endroits des livres » (1, 27). — Aussi La Boétie ne l'avait-il pas publié. Il mourut en 1563, et le Discours ne parut qu'en 1576.
On éprouve, à la lecture de la Servitude volontaire, l'impression que donne la plus forte éloquence. La marche générale du Discours, les procédés d'argumentation, les figures de style, tout est d'un homme admirablement doué pour la parole, qui, dans une assemblée politique, eût fait frémir ses auditeurs de colère et d'enthousiasme (1).
Michel de l'Hospital (1505-1573). — L'Hospital devint grand chancelier de France, sous la régence de Catherine de Médicis. (âitholique très sincère, il était indigné du fanatisme des deux partis. Il empêcha, par l'édit de Romorantin, l'établissement de l'Inquisition en France ; par les ordonnances d'Orléans (1560) et de Moulins (1566), il réforma le droit et la magistrature. Il disait : « Otons ces mots diaboliques, noms de partis et de séditions, luthériens, huguenots, papistes : ne changeons le nom de chrétiens 1 » On sait à quel point les efforts de ce généreux esprit furent vains. Gomme la plupart des grands magistrats de son temps, L'Hospital était érudit et lettré ; et il a composé des poésies latines très distinguées. Mais nous avons surtout à signaler ici ses œuvres oratoires et politiques : Harangues, Mercuriales, Remontrances, recueil des discours prononcés par lui en diverses circonstances. La pensée en est juste, élevée ; la forme, simple et âdtpiente.
(I) Murcmu* choisis. S* cycle, p. 153.
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