NOTION DE LA CONNAISSANCE
par les sens extérieurs, les phénomènes du monde corporel; b) les faits transmis par le témoignage , les événements historiques ; c) les vérités suprasensiblcs , dont Tensemble constitue Tordre métaphysique et moral.
220. Connaître c'est posséder mentalement la vérité objective, ou en avoir une idée actuelle exacte.
On peut donc diviser d'abord nos connaissances à peu près comme nos idées ; on les divise spécialement en perceptions et en conceptions, et de toutes les manières dont les idées se divisent d'après leur perfection subjective (46).
Nos connaissances se divisent surtout en certaines et en incertaines , selon que nous avons ou non des garanties suffisantes de leur exactitude.
La subdivision des connaissances certaines sera donnée plus tard (ch. II); les connaissances incertaines se subdivisent en douteuses et en plus ou moins probables.
Nos connaissances sont appelées vraies ou fausses ^ suivant qu'elles répondent exactement ou non à ce qui est.
22i . A parler rigoureusement , l'opposé du vrai , pris comme objet à connaître , c'est le faux; l'opposé de la connaissance, c'est Yerreur; quoique ces deux mots soient souvent confondus.
Cependant, comme tout être , tout objet est, et qu'il est ce qu'il est , il faut dire que le faux n'est rien de réel , rien de positif, qu'il n'existe pas positivement , et qu'en ce sens Bossuet a dit avec raison : le faux c'est ce qui n'est pas* Donc la fausseté ne se trouve que dans notre esprit, dans nos représentations et dans les expressions dont nous nous servons pour les manifester ; elle est quelque chose de privatif; c'est proprement une connaissance inexacte, une transposition mentale de la vérité; elle consiste à se représenter l'objet à connaître autrement qu'il n'est , c'est-àdire, i désunir mentalement ce qui est uni dans l'objet, ou bien à unir dans la pensée ce qui est objectivement désuni.
222. Il suit de là : a) que l'esprit humain, même quand il se trompe , ne s'exerce que sur le vrai ou sur ce qui est ; 6) qu'il ne peut y avoir erreur que lorsque l'esprit sépare inexactement ou
quMl compose inexactement; et par conséquent c) que Terreur ne peut jamais se trouver que dans nos pensées composées et complexes , comme dans nos jugements et nos raisonnements , en un mot , dans toute espèce de combinaison , de composition ou de décomposition de nos idées.
Notion et diverses acceptions de la raison,
225. Le sujet qui connaît en nous, et le véritable principe interne de nos connaissances , c'est l'entendement ou la raison , deux mots qui sont souvent pris comme synonymes. Cependant, pour éviter la confusion , nous appellerons entendement notre faculté de penser et raison notre faculté de connaître (14).
224. Cette faculté peut se trouver à deux états différents, à l'état de puissance et à l'état d'eocemce, suivant que l'homme est seulement capable de connaître ou qu'il connaît réellement la vérité. Considérée à l'état de puissance elle porte le nom de raison habituelk ou rationabilité, à l'état d'acte ou d'exercice celui de raison actuelle»
225. Par rapport aux objets de nos connaissances on peut distinguer dans la raison autant de facultés spéciales de connaître que d'ordres de vérités , que d'espèces d'objets qui peuvent nous être connus.
Ces facultés peuvent se diviser en primitives , ou facultés d'acquérir les premières connaissances qui doivent servir de points de départ et de points d'appui à toutes les autres , et en secondaires^ ou facultés d'acquérir des connaissances ou dérivées, ou plus parfaites, ou plus développées.
Les facultés primitives, pour les vérités internes, sont Vintuition intellectuelle et le sens intime^ pour les vérités externes, la foi au témoignage des sens, la foi positive et la foi naturelle à la parole et aux idées manifestées par la parole.
Les facultés secondaires sont ce que nous nommerons bientôt moyens secondaires de connaître.