‹ Précis de logique élémentaireChapitre 28 sur 51 · Aucune connaissance actuelle ne nous est innée; mais · texte numérisé non relu

Aucune connaissance actuelle ne nous est innée; mais

notre raison se forme ou acquiert sc^ connaissances successive-* ment , non pas d'une manière absolument spontanée , mais à l'aide des moyens que TAuteur c^e la nature a mis à notre disposition.

252. Ces moyens ou conditions sont ordinaires ou extraordinaires^ c'est-à-dire, naturels ou surnaturels^ suivant qu'ils sont dans l'ordre ou au-dessus de l'ordre général de la nature. Nous n'avons i parler ici que des premiers , que nous divisons en primitifs, servant k acquérir nois premières connaissances , et en seœndaires , destinés h perfectionner , à développer et à multiplier nos connaissances déjà acquises.

253. Les moyens primitifs pour percevoir les faits purement intérieurs sont Yintuition intellectuelle et le sens intime. Car pour percevoir directement ses propres modifications suffisamment prononcées le moi n'a besoin d'aucun intermédiaire différent de lui-même.

Cependant cette perception immédiate , par laquelle le moi saisit ce qui est identique avec lui , ne lui suffira pas pour former des idées parfaites , ni ne l'élèvera guère au-dessus de l'instinct de l'animal , si l'instruction ne vient la féconder , en éveillant et en soutenant la réflexion. Il en est de même des moyens primitifs de percevoir les faits extérieurs.

Ces moyens sont , pour les phénomènes du monde corporel , le témoignage des sens , et pour les faits historiques , le témoignage des hommes.

Mais ce qu'il importe surtout de noter ici , c'est que la connaissance explicite, la connaissance claire et distincte des vérités de l'ordre moral ne s'acquiert point sans l'intervention d'un enseignement donné et reçu.

234. Les moyens secondaires pour perfectionner nos connaissances en les élevant à de véritables conceptions sont les actes de la réfleodon (34), pour les développer le raisonnement tant par déduction que par analogie et par induction, pour les multiplier Yimagination productrice , qui en combinant diversement les objets de nos connaissances s'en crée en quelque or te de nouveaux.

NÉCESSITÉ DE l'enseignement, ETC. 61

235. Il faut remarquer toutefois que l'exercice régulier d^ la réflexion , et par conséquent aucun acte intellectuel sur de véritables notions , ne peut se faire sans l'emploi des mots. Ceci est reconnu par toutes les écoles de philosophie, même par celles qui se trompent sur l'origine de la parole.

256. De tout ce § il n'y a qu'un point qui soit encore contesté par des philosophes, la nécessité de l'enseignement pour connaître les vérités de l'ordre moraK Comme ce point est d'une extrême importance, nous lui consacrerons le § suivant.

g IV.

Nécessité de l'enseignement pour acquérir la connaissance des

principes de tordre moral.

257. Nous ne prétendons pas que les vérités métaphysiques et morales qui constituent le fondement de l'ordre moral ne soient aucunement innées en nous, que notre esprit se borne à leur égard an rôle passif de recevoir et de retenir , que renseignement soit le principe de leur connaissance et non une simple condition , ou qu'un homme grandi dans l'isolement ou sans instruction ne puisse avoir un sentiment vague^ une ap-* préhension conjecturale et passagère de quelques-unes d'elles ; mais nous disons que, dans l'état actuel de notre nature, l'enseignement social est une loi naturelle , une condition tel-^ lement nécessaire que, sans un miracle, l'homme ne peut' que par son secours parvenir à la connaissance explicite des vérités de l'ordre métaphysique et moral.

238. Aucune loi naturelle ne se prouve que par des faits; elles se constatent toutes par la double épreuve des faits qu'on peut appeler positifs et négatifs, de la manière suivante: Lorsqu'un phénomène se produit toujours sous l'influence d'un fait déterminé et qu'il ne se produit jamais en l'absence de ce fait, celui-ci est certainement une condition naturelle et nécessaire du phénomène. Or il en est ainsi de l'enseignement. En effet

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