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Voici notre réponse à ces objections

i° o) Il est vrai que ces vérités sont objectivement évidentes

64 DE LA CONNAISSANCE DE LA VÉaiTÉ.

en elles-mêmes; mais leur évidence objective seule ne suffit pas pour qu'elles nous soient aussi évidentes subjectivement, b) L'homme» dont la raison est assez -développée, en sent l'évidence, dès qu'elles lui sont convenablement proposées ; mais l'homme privé de tout enseignement est incapable de se les démontrer.

2^ Si par le mot naturellement connues, on veut dire que ces vérités nous sont connues d'une manière absolument spontanée, sans aucun secours étranger soit actuel soit antérieur, on a tort; mais on a raison, si l'on veut dire qu'elles nous sont connues facilement, communément, à l'aide des moyens naturels ou appropriés à notre nature, qu'elles sont connues à tout homme qui se trouve dans son état naturel, dans l'état social , et qui est doué de facultés intellectuelles suffisamment développées. Rien de plus naturel à l'homme p. e. que la parole; cependant jamais il ne parle, dans le sens propre du mot, s'il n'a appris à parler. Rien de plus naturel dans les êtres vivants que le développement de leur vie innée et latente, et cependant ni végétal ni animal ne manifeste, ne déploie ses forces vitales que sous Tinfluence de conditions extérieures. Donc on ne peut pas dire que ce qui est naturel se développe d'une manière purement spontanée.

3"* a) Il est très-vrai que ces vérités ne peuvent être ignorées par aucun homme jouissant du plein usage de sa raison; mais les faits cités plus haut (239) prouvent que l'homme privé de toute instruction reste toujours enfant. 6) 11 est vrai encore que l'homme sauvage , membre d'une société de ces hommes qu'on appelle sauvages , mais qu'on devrait plutôt nommer barbares et incultes, ne peut complètement ignorer ces vérités, puisqu'il n'est pas privé de tout enseignement; mais il n'en est pas de même de l'homme sauvage qui , dès son enfance , a été isolé ou privé de tout commerce intellectuel avec d'autres hommes plus ou moins instruits.

4» Elles sont innées en ce sens que l'enseignement ne leur sert que comme la lumière que l'on introduit dans une chambre obscure,, pour y reconnaître les objets qui s'y trouvaient déjà

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