CHAPITRE II
Notion et division de la certitude.
254. La certitude coDsidérée objectivement^ c'est la vëritë douée de marques suffisantes pour pouvoir être distinguée de ce qui n'est pas elle; considérée dans Tesprit humain qui la possède, c'est la vérité fermement admise à cause de ces marques , ou , en d'autres termes, c'est l'assentiment imperturbable de l'esprit à la vérité, fondé sur un motif propre à exclure le doute raisonnable.
255. Le sujet de notre certitude est la raison , ou le moi ayant conscience de lui-même et de ce qui lui est présent.
256. Donc rien ne peut être un objet de notre certitude que ce qui est intérieur lui-même , ou ce qui est intérieurement représenté par un moyen convenable.
257. On appelle motif, moyen ou criteriwn de certitude toute raison solide qui porte notre esprit à adhérer à la vérité , ou qui lui en assure incontestablement la possession.
S58. Suivant que notre esprit ne se rend pas ou qu'il se rend compte à lui-même des motifs qui entraînent son assentiment, notre certitude se divise en directe , viUgaire, usuelle , spontanée , et en réflexe , scientifique , philosophique , raisonnée,
259. De là il suit 1® que la certitude directe ne diffère de l'autre que sous un point de vue purement logique; et 2° que, quoique la notion de certitude implique celle de conviction , cependant toute conviction ne mérite pas le nom de certitude , puisque toute certitude implique un mo«t/* solide et suffisant pour exclure le doute raisonnable. *
260. D'après la nature de ses motifs noire certitude est naturelle ou surnaturelle.