‹ Précis de logique élémentaireChapitre 35 sur 51 · DU RAPPORT DES SENS EXTÉRIECRS · texte numérisé non relu

DU RAPPORT DES SENS EXTÉRIECRS

litûe la sebsation interne), modification par laqiieliè elle prend connaissance de l'objet en la lui rapportant comme à sa cause*

503. Dans toute perception au moyen des sens il faut donc distinguer ce qu'on sent et ce qu'on croit , ou ce que nous appelons la smsation même, qui consiste uniquement dans la perception de la modification interne que nous éprouvons en sentant, et le rapport des sens, par lequel nous entendons notre penchant naturel à attribuer cette modification, comme à la cause qui l'a occasionnée où produite, à un objet extérieur, qui n'est en contact avec le moi que par l'intermédiaire des organes.

504. Le rapport des sens a en général pour objet l'existence des corps , dont il ne nous fait cependant pas connaître la nature intime, mais seulement les phénomènes ou propriétés^ extérieures et relatives. En particulier la vue nous sert pour juger dès couleurs , l'ouïe des sons , l'odorat des odeurs , le goût des saveurs, le tact et le toucher de la dureté, de la mollesse, de la température, du poids et des dimensions des corps; mais pour bien juger , la réflexion et le raisonnement basés sur l'expérience doivent ordinairement venir au secours des sens.

305. Pour que l'on puisse dans la pratique se fier raisonnablement au rapport des sens, plusieurs conditions sont nécessaires. Les unes concernent les organes, les autres le rapport même. Voici les premières : il faut que i* que nos organes soient sains, 2® que leur objet se trouve à une distance convenable , 3« qu'on ait égard au milieu physique dans lequel se trouvent l'organe et l'objet , 4<> que chaque sens soit consulté sur son objet propre. Les autres conditions sont que le rapport des sens ne soit pas opposé a) h un autre rapport de poids égal des mêmes sens, ou b) d'autres sens, ni c) à la raison, ni d) au rapport des sens d'autres personnes à même de bien observer Tobjet ; enfin il faut e) que ce soit la seule clarté de la perception convenablement prolongée qui nous porte à donner notre assentknent.

306. De là on voit qucles sens , avant de pouvoir nous rendre un service assuré, ont besoin d'une sorte d'éducation, qui

86 DES MOTIFS PARTrCULIERS DE CERTITUDE.

n'est ni moins longue ni moins nécessaire que celle de l'esprit ^ quoiqu'elle se fasse insensiblement. On voit aussi que le véri-^ table juge de l'objet connu par les sens est l'inteUigence ou le moi , qui apprécie l'accomplissement des conditions requises, et quî^ par suite de la modification particulière qu'il sent en lui-même , croit, en vertu de cette modification, à l'existence d'un être ayant tout ce qu'il faut pour la produke»

307. Le rapport des sens, qui a les conditions énumérëes, est un véritable critérium ; car tous les hommes sensés s'y fient naturellement, universellement, nécessairement (287). Ea effet l"" l'homme , en se fiant k un tel rapport , obéit à l'impulsion de sa nature raisonnable ; au contraire , en s'ea défiant , il résiste à sa nature. S"" Tout homme sensé se fie à un tel rapport et se conduit pratiquement suivant ce dictamea de k nature, le vulgaire spontanément, le sage après mûre réflexion. 3® Sans nous fier à ce rapport , nous ne pouvons connaître les objets qui constituent le monde extérieur; et tout homme sage est persuadé que par cet intermédiaire ces objets nous deviennent connaissables. 4'' La raison nous dicte que le témoignage des sens^ quelque naturel , universel et nécessaire que soit l'assentiment que l'homme lui accorde , s'il n'était pas destiné k garantir la vérité , serait non seulement inutile mais entièrement opposé à la nature et à la raison de l'homme, puisqu'il le tromperait fatalement, partout et toujours.

Pour voir encore mieux combien est naturelle et nécessaire notre confiance dans le témoignage des sens , il suffît de remarquer : a) que ce n'est qu'en se fiant au rapport des sens que la conservation de la santé et de la vie nous est possible y sans lui nous ne pourrions distinguer ce qui est nuisible au corps de ce qui est utile et nécessaire, b) Il en est de même quant à la conservation de l'ordre social et de la société elle-même , puisque ce n'est qu'à l'aide des sens que nous distinguons les personnes avec lesquelles nous sommes eu relation, c) Enfin la force de la nature qui nous- porte, à

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