DU SYSTÈMF. VRAI DE PHILOSOPHIE
doctrinaux, qui constituent le corps du système, S<* un point principal qui est le principe du système, S"" un lien intelligible par lequel le corps de doctrines se rattache au principe, c'est-à-rdire par lequel toutes les parties du système sont coordonnées entre elles et subordonnées au principe fondamental. Ce lien secret et intelligible est rendu manifeste et perceptible par ce qu'on appelle la méthode du système.
569. En effet le mot de méthode^ pris dans le sens le plus restreint, ne signifie que la manière dont on rattache les divers points de doctrine d'un système à leur principe commun ; mais assez généralement on entend aujourd'hui par ce mot ces deux choses h la fois : savoir la manière de montrer le lien secret et le principe même du système.
570. On voit par là que chaque système a sa méthode propre , surtout si Ton prend ce mot dans le dernier sens que nous venons d'expliquer, et qu'il y a en définitive autant de systèmes que de principes différents.
571. Un système est formellement vrai^ dès que tous les points de doctrine qu'il embrasse découlent logiquement de son principe , n'importe que ces points de. doctrine et le principe lui-même soient vrais ou non , considérés objectivement , en eux-mêmes. Mais pour qu'un système soit en même temps vrai en luUmême^ objectivement, réellement ou matériellement (toutes expressions qui ont ici le même sens) , il est nécessaire que son corps de doctrines se trouve en outre renferme tout entier dans un principe réellement vrai en lui-même. Pour que le système soit certain^ il faut de plus que la certitude du principe soit incontestable et que l'inclusion du corps de doctrines dans ce principe soit évidente. Enfin le système est complet , s'il embrasse tous les points de doctrine qu'il est destiné à représenter, c'est-à-dire si son principe est assez étendu pour contenir et assurer tous ces points.
572. Delà il suit qu'un système de philosophie ne mérite pas noire assentiment par cela seul que toutes ses parties se trouvent
rigoureusement encliaiaées les unes aux autres et qu'elles découlent évidemment de son principe fondamental ; mais à cel effet il est en outre nécessaire que son principe soit vrai et certain en lui-même et qu'il s'étende a toutes les vérités rationnelles, c'est-à-dire qu'il n'en repousse, n'en exclue, n'en contredise aucune, mais qu'elles trouvent au contraire toutes en lui leur base, leur raison, leur preuve ou leur confirmation.
375. Le seul principe qui réunît toutes ces conditions est à nos yeux la raison naturelle ou la nature raisonnable (360); et la méthode à observer pour connaître la valeur , la portée, l'étendue et l'application de ce principe , c'est l'étude de l'homme intérieur et extérieur, de l'homme individuel et de l'homme social. Et cette étude doit avoir pour objet , non l'une ou l'autre faculté de l'homme seulement , mais leur ensemble ; elle ne doit pas se borner à l'examen de ces facultés dans leur état d'acte , de développement et de perfection, mais elle doit également s'étendre à leur état de puissance et aux moyens et conditions qui sont nécessaires pour qu'elles passent de l'état de puissance à celui d'exercice , ou pour qu'elles se développent et parviennent à leur perfection naturelle.
Faux systèmes. — Scepticisme partiel.
374. Nous appelons systèmes de scepticisme partiel ceux dans lesquels on ne reconnaît que l'un ou l'autre de nos moyens de certitude comme garantie suffisante de la vérité, et qui par là, s'ils sont conséquents, doivent regarder comme incertains la plupart des objets de nos connaissances. Tels sont en particulier le sensualisme et Vidéalisme.
375. I) Le sensualisme a pour principe cette maxime : NihU est in intellectu quod non prius fuerit in sensu. Sa méthode consiste dans la sensation ou dans la réflexion jointe à la sensation.