INSTLNCT, LIM'nno.N lOl
dire, le stage humain de celui-là et Ta eu pour antécédent, rendent compte du phénomène mental appelé intuition, h'intuiiion, en effet, est comme un instinct endormi et remplacé depuis longtemps par la raison, qui se réveille parfois dans des circonstances imprévues et jette une lueur fugitive dont Torigine parait mystérieuse. Autrement dit, l'intuition est un raisonnement instinctif qui nous fait entrevoir €30 abrupto une vérité, sans que l'esprit passe par les degrés habituels et réguliers à l'aide desquels il va de l'ignorance à la connaissance.
Les éclairs du génie, par exemple, ne sont en général que des formes supérieures de l'intuition.
73. — L'instinct est dispensé, par la manière même dont il procède (puisqu'il n'admet pas d'intervalle entre la suggestion et l'exécution des actes qu'il provoque), du contrôle des preuves. Il est généralement reçu, du reste, qu'il ne trompe pas ; il a toute la sûreté de la loi de causalité dont il est la mise
IIO LE lUlSONKEMEiNT ET SES AUXILIAIRES
en œuvre infaillible et spontanée ; et les effets de ses causes se produisent d'une manière fatale et nécessaire, comme les fonctions de l'estomac ou la circulation du sang.
L'intuition en diffère à cet égard, grâce à son caractère mixte et étant donné qu'on peut la définir comme l'effet conscient d'une cause instinctive ou, ce qui revient au même, comme la conclusion au grand jour d'un raisonnement à huis clos ^ Aussi, la raison chez laquelle elle sétablit sous cette forme est d'autant plus en droit de lui demander ses passeports et d'en vérifier la valeur à l'aide des moyens expérime*ntaux habituels; qu'elle ignore d'où elle vient.
1 Kn maliôrc crinstinct, rclTet, pas plus que la cause, n'est du domaine de la conscience ; la circulation du sang est ijçnorce de tous ceux cpii ne Tont pas apprise scientifuiuenient.
LA i'BELVE l'hYPOïUÈSE, ETC. I I I