‹ Précis de logique évolutionniste: l'entendement dans ses rapports avee le langageChapitre 51 sur 79 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

Lola. — PosflibUIté et probabilité. — Analogie.

78. — La suite (ou l'idée de la suite) régulière et indéfiniment identique des effets d'une même cause s'appelle loi.

Il est une loi générale et supérieure, celle même de causalité, et qu'on formule en disant que toute cause est suivie d'effet, et que tout effet est précédé d'une cause.

Les lois particulières s'encadrent toutes dans la loi universelle de causalité.

Exemples de lois particulières :

La congélation de l'eau quand le thermomètre descend au-dessous de zéro. — Le mouvement diurne de la terre autour du

LOIS. rOSSlIJlLlTÉ. — ANALOGIE I I C)

soleil. — La production de l'air au moyen de la combinaison de Toxygène et de Tazote, etc.

Les lois particulières ont pour garantie, outre Texpérience, leur rapport avec la loi générale de causalité : la congélation est Teffet constant d une cause constante, à savoir un état donné de la température \

79. — L'idée de loi est par définition incompatible avec celle d'hypothèse : tant qu'une conclusion reste hypothétique on ne saurait dire qu'elle correspond à une loi.

A cet égard, la différence entre la loi et les

^ Les variations phonétiques du langage ne sauraient être des lois, puisque ces variations ont une origine individuelle et qu'elles sont soumises par conséquent à des causes aussi diverses qu'il y a de diversité entre leurs auteurs au point de vue de Torganisme physiologique qui produit les sons vocaux. S'il y a des lois phonétiques individuelles (qui d'ailleurs ne sauraient être absolues que d'une manière très approximative, puisque le jeu des organes varie avec Tâgc, etc.), il ne saurait en exister de collectives ou d'ethniques, et les modes phonétiques du langage d'un peuple ne peuvent présenter de constance que dans la mesuré même et à partir du moment où ils se modèlent sur un ensemble de traditions d'origine individuelle admises comme règles communes.

I20 LE HAlSONNEMlîM' KT SES AL'XILIAIUES

faits dont la cause reste hypothétique correspond à celle qui distingue le certain de Tincertain, c'est-à-dire du possible ou du probable.

En toute circonstance, il n^y a de possible que Teffet nécessaire de la cause qui doit le produire ; mais quand cette cause est incomplètement connue, on admet provisoirement comme réalisables toutes les alternatives que la circonstance paraît comporter, et parmi ces effets éventuels on considère respectivement comme plus ou moins probables ceux dont la cause entrevue est plus ou moins apparente et présumable. — Exemple :

Le ciel est couvert et la température froide, on ignore s'il pleuvra ou s'il neigera ; on augurera la pluie ou la neige selon que la température s'élèvera ou s'abaissera.

Quand il s'agit d'un tirage au sort, les chances de voir sortir tel ou tel numéro déterminé diminueront ou s'accroîtront dans la mesure même selon laquelle le nombre total

LOIS POSSiniLITË. ANALOtill!: 121

des numéros sera plus ou moins grand^ et ces chances pourront se déterminer mathématiquement en conséquence (calcul des probabilités).

Il en est de même des combinaisons auxquelles peuvent se prêter une série d'objets déterminés, comme les lettres qui composent un mot, les chiffres dont un nombre est formé, etc. (formules de. permutation).

80. — Certaines sciences sont plus ou moins conjecturales : ce sont celles qui portent sur des faits qui, soit au point de vue de leurs causes, soit au point de vue de leurs conséquences, et en raison de leur complexité, comportent habituellement plusieurs alternatives possibles.

Il en est ainsi de l'histoire : jusqu'ici, du moins, il n'y a pas de lois historiques au sens strict du mot. L'histoire n'en est pas moins une science en tant qu'elle réunit et classe les faits et les documents qui la concernent en vue de conclusions futures.

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