LES MYTHES
la poésie de toutes les époques, s'écrie :
« Que les dons (les miens, ceux qtte je vais faire en sacrifiant) s'éveillent (aient lieu, apparaissent, sortent de leur repos), et que les absences de dons s'endorment (antithèse parfaite appelée par la phrase qui précède). »
Le poète ne visait évidemment qu'à donner du relief et de la vie au souhait dont il accompagnait son offrande ; mais, sans s^en douter, il atteignit un tout autre but auprès de ceux qui dans la suite répétèrent son vœu, et qui, voyant le sens propre là où il était figuré et prenant inversement le sens propre pour une figure, s'imaginèrent les dons (Râtis) comme des êtres réels et favorables et les non-dons (Arâtis) comme des démons malfaisants, et entendirent : « Que les Dons s'éveillent et que les Non-dons s'endorment. » Ne perdons pas de vue d'ailleurs que le fait de personnifier les dons et les non-dons était suggéré par les expressions métaphoriques «s'éveiller, dormir » qui semblaient ne convenir qu'à des
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êtres animés. Il n'en fallait pas davantage pour créer le mythe des Râtis et des Arâtis et ajouter ces nouvelles fictions à celles que comptaient déjà les légendes fabuleuses dô rinde védique. La mythologie des Grecs et des La tins s'est d'ailleurs enrichie absolument de la même manière en personnifiant, par exemple, la passion ou le désir sous le nom d'Eros ou de Gupidon.
100. — Exemples d'autres comparaisons védiques où l'objet auquel on en compare un autre se substitue graduellement à ce dernier :
Le feu sacré est pareil au soleil.
Le feu sacré est le soleil.
Le feu sacré-soleil.
Le soleil (héritant de tous les attributs du > feu sacré).
Semblable substitution à propos de la lune ou du ciel, auxquels le feu sacré est également comparé :
La libation sacrée ou l'oblation est pareille à la mer.