LE CIIIIUJIWJIEN ET SES AIDES
voire éducation anatomique et chirurgicale doit être suffisante] S;ms connaissancGs anatomiques, dil A. Cooper, vous ne faites point vôtre devoir ;i l'égard «le la société et vous manquez de base pour voire avancement el vos succès. l)';iulre part, c'est la clinique seule qui peut vous apprendre à reconnaître la gravité d'une tumeur ou d'une blessure et à poser l'indication d'une amputation.
Quand, en présence d'un blessé, l'idée de l'opportunité d'une amputation vous viendra, gardez-vous de 'prononcer hâtivement le moindre mot. Hecueillez-vous sur place; rentrez au besoin dans votre cabinet : rien ne vous force à opérer, personne ne connaît encore votre pensée; réalisez votre libre arbitre maximum pour vous déterminer. On voit des chirurgiens rendre les malades victimes de leur premier mouvement, de leur parti trop lot pris el de leur prétention à l'infaillibilité de prime saut. On voit aussi de grands blessés se refuser à une opération et guérir, à la barbe du chirurgien qui avait délibéré trop vite de les amputer.
Soyez donc circonspects; mais une fois votre détermination prise, et prise en temps utile, une fois l'indication d'opérer reconnue et la confiance du malade gagnée, ne songez plus qu'à l'opération ellemême.
Parmi les procédés qui se présenteront à votre esprit, ou que vous trouverez dans vos auteurs, choisissez le meilleur pour le patient. Pourtant, songez aussi à vous-même qui pouvez défaillir, plutôt peut-être dans ce procédé que dans un autre plus facile. N'hésitez pas à improviser au besoin, car, dit À. Paré, « c'est lascheté trop reprochable de s'arrester à l'invention des premiers.... n
Mais, quoi que vous décidiez, quels que soient vos projets, tâchez que leur irréussite même soit suivie de quelque avantage.
Ce serait s'exposer à bien des embarras que d'entreprendre une grande opération dans une pièce sombre et mal aérée, étroite ou encombrée de meubles. Le chirurgien, en effet, a besoin de lumière et d'espace pour lui et pour ses aides: le malade chloroformé peut avoir soudainement besoin d'air.
Voici quelle sera votre conduite si vous opérez en ville.
Votre malade sera placé dans une chambre à cheminée; vaste, calme, bien aérée et éclairée par une ou plusieurs fenêtres s'ouvrant sur le dehors.
Dans cette chambre, le plus souvent, vous ferez dresser devant vous le lil d'opération, don!, les éléments auront été préparés el Résignés d'avance. Ce lit, placé au milieu de la pièce, en face de |;l penêtre, doit être étroit, afin qu'on puisse facilement circuler et àborder le malade dans tons les sons. Une porte d'appartement, solide, démontée et placée sur deux tréteaux, avec un matelas de même dimension, a bien souvent constitué le meilleur lit d'ampubation qu'on puisse se procurer, car, je le répète, ce lit doit être élevé, étroit, transportable, ferme et abordable de tous côtés. Le parquet sera garni d'une toile imperméable recouverte de plusieurs pièces de linge pour absorber le sang et les liquides répandus.
A l'heure précise fixée pour l'opération, le chirurgien arrive chez le malade. Il entre seul dans sa chambre pendant que les aides, pestés à l'écart, préparent les instruments, qu'il ne faut jamais offrir ostensiblement à la vue du patient. Les rois eux-mêmes ne furent pas tous braves devant l'arsenal chirurgical. Témoin Louis XIII qui s'enfuit en voyant l'appareil de la circoncision.
Après s'être assuré que le lit d'opération est prêt, solide et bien placé, que tous les préparatifs recommandés à la famille ont été faits, c'est-à-dire que le linge, l'eau chaude, l'eau froide, les agents antiseptiques, etc., etc., ne sauraient lui manquer, le chirurgien revient auprès de ses aides visiter ses instruments el constater qu'il a hien tout ce qu'il lui faut pour diviser les chairs (couteau) et les os (scie), pour saisir les artères (pinces) et les Zier(fils). 11 examine ses principaux instruments un à un pour s'assurer qu'ils ne le trahiront pas, et passe en revue les pièces destinées au pansement. Enfin, il explique à ses aides ce qu'il va faire et comment ils devront l'aider.
Heureux le jeune chirurgien qui fait ses premières armes avec l'assistance d'un praticien bienveillant et habitué aux opérations! L'opérateur trouve dans les cheveux blancs de son aide une égide pour sa responsabilité et contre ses défaillances. Sa main en est plus ferme, sou regard plus assuré, son esprit plus lucide.
Parmi les aides, il en est d'utiles et d'indispensables. Les premiers peuvent, à la rigueur, être étrangers à l'art de guérir, les seconds, au contraire, doivent être déjà loin de leurs premières