LE CHIRURGIEN BT SES AIDES
ou de charpie, dos lames de liège OU de carton arlistcmcnt disposées] le tout parfaitement aseptique. Mais le meilleur moyeu est la suture profonde eneheyilléè, dont l'emploi à ce cas particulier a été réua venté par plusieurs chirurgiens successivement. Des fils métallique! OU autres, passés à travers toute l'épaisseur des parties molles d'un moignon, peuvent y séjourner quelques jours sans inconvénient. On a ainsi deux sutures superposées. L'une lixe la peau, elle a de nombreux points, jusqu'à cinquante, que l'on ne supprime pas tous à la fois. L'autre lixe et la peau et les muscles : ses fils sont peu nombreux; on les relâche au besoin et on les enlève suivant les indications, mais assez tôt. Quelques chirurgiens réunissent les muselés par des points de suture perdus.
Dans la réunion par les sutures, on se voit obligé de mettre à nu l'extrémité, mais l'extrémité seule du moignon, pour la visiter fréquemment. Rien n'empêche donc de réaliser l'immobilisation si rassurante pour le malade, si précieuse pour éviter les spasmes musculaires et la conicité, en entourant la racine et la périphérie du moignon d'un appareil qui le protège et le lixe au segment supérieur du membre ou au tronc.
Les drains de caoutchouc, véritables soupapes de sûreté, seront raccourcis tous les jours et retirés aussitôt que l'écoulement aura cessé.
Je ne puis décrire ici le pansement phéniqué de Lister, qui a chassé des plus mauvais hôpitaux de l'Europe entière la septicémie et l'infection purulente, rendant la réunion immédiate possible dans tous les milieux. Aujourd'hui l'acide phénique a trouvé de nombreux succédanés efficaces.
Le chirurgien honnête homme est aseptique et antiseptique : aseptique d'abord et toujours, pour ne pas introduire lui-même dans la plaie, avec les doigts, les instruments, le linge, l'eau, etc., l'agent, le contage septique; antiseptique par surcroît de prudence pour détruire à l'aide de substances chimiques ce contage, comme si, malgré toutes les précautions, les plaies avaient été contaminées et pouvaient l'être par toutes les voies, même par la voie aérienne.
Grâce aux divers procédés de la méthode antiseptique, la chirurgie d'aujourd'hui ne ressemble plus à celle d'il j a vingl ans : c'esl une admirable révolution.
Malgré la puissance indiscutable de celle méthode, il ne vous
sera jamais permis de négliger les préceptes de l'hygiène physique el morale de votre opéré. Si vous le pouvez, placez-le seul, propremenl couché, dans une vaste chambre ensoleillée, largement aérée el bien chauffée. Déliez-vous des courants d'air, des changements brusques de température. Entourez voire malade de parents et de serviteurs dévoués, gagnez sa confiance à force de soins; et sans jamais permettre qu'on lui parle de la mort, versez-lui dans le cœur et à pleins bords le baume de l'espérance. Un grand blessé désespéré, ou simplement triste, ou entouré d'indifférents, dort mal et ne mange pas.
L'homme vit d'air et de pain. L'un et l'autre peuvent être insuffisants, l'un et l'autre peuvent être empoisonnés. L'amputé, plus • pie l'homme sain, a besoin d'air pur et d'une nourriture réparatrice ayant pour base la viande et l'alcool.
.Naguère encore, sous le prétexte inventé par les chirurgiens français que la chair française est d'une fragilité extrême, on laissait avec résignation mourir les amputés des hôpitaux de Paris, milieu infect dans lequel ils étaient médiocrement alimentés el souvent mal pansés. Et pourtant, on voyait de temps en temps des séries heureuses qui fondaient des réputations el qui s'obtenaient à force de soins de propreté, d'aération, de côtelettes et de bon vin.
Les soins consécutifs ont une influence considérable sur le résultat des amputations; il ne faut jamais les négliger. Pour achever d ru convaincre le lecteur et lui montrer ce que peut ta volonté d'un chirurgien dont le zèle et l'humanité ne se démentent pas au milieu des circonstances les plus difficiles, je voudrais pouvoir citer in extenso dix pages, entre autres, des Mémoire* de I). Larrcy (III, 160 à 170). Je me borne à en recommander la lecture.