EXTIRPATION DE LA PHALANGE L'NGUÉALE
Guénn (lig. aOO, iiulox), pour tous les cas où celle-ci n'est pas imposée par la forme et la situation des lésions extérieures.
Ollicr, craignant la rétraction du lambeau palmaire que donne l'incision en U, recommande de se contenter de deux incisions latérales qui sont suffisantes sur le vivant.
Fie. 360. — Résection de la phalangeUe : index, incision de Guérin; médius, incision
de Maisonneuve.
Opération. — Les deux talons du fer à cheval ou tètes de l'U remonteront à un demi-centimètre au-dessus du niveau articulaire; les branches, côtoyant les bords du pouce à quelques millimètres de distance des bords de l'ongle, viendront se réunir à l'extrémité même de la pulpe digitale.
Le lambeau palmaire ainsi tracé et incisé jusqu'à l'os, sera détaché par les côtés et par le bout, de bas en haut. On s'appliquera à raser la phalangette pour désinsérer, sans perte de substance, le tendon long-fléchisseur.
Il est difficile de faire aussi bien quand, après avoir incisé le contour du lambeau, on a recours à la transfixion, en essayant d'engager une lame étroite très haut, entre le tendon et la trochlée de la phalange conservée.
Quant au lambeau dorsal qui supporte l'ongle, on le décollera aussi de l'extrémité vers la base, avec les plus grandes précautions.
Sur le cadavre,, quoi qu'on fasse, l'opération est très difficile et
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la matrice de l'ongle a bien souvent à en souffrir. Il est presque impossible de l'épargner si, après avoir taillé le lambeau palmaire et ouvert l'articulation, on se laisse aller à luxer la phalangette du côté dorsal pour la détacher ensuite de la base vers l'extrémité.
Sur le vivant, la résection se borne presque à une extraction de séquestre, car généralement l'étui fibreux a été décollé par l'inflammation, souvent même détruit, car on temporise toujours trop.
Remarques. — Ce procédé convient également lorsque avec la phalange unguéale on enlève, en partie ou en totalité, la première phalange du pouce. Huguier, dans un mémoire posthume {Ai'ch. de méd. 1874), s'est loué d'avoir pratiqué sept fois Yexossation, c'est-à-dire le désossement du pouce. Les moignons étaient raccourcis, immoliiles ou peu mobiles, mais suflisammcnt longs et solides pour contribuer à saisir des objets assez lourds. Au point de vue plastique, ils laissaient sans doute à désirer, mais ils n'avaient pas subi ce modelage, ces pansements orthopédiques qu'Ollier recommande pour toutes les résections des doigts et des métacarpiens... et le périoste n'avait pas été conservé.
Chaque fois que vous aurez à diviser une phalange que vous voudrez toujours garder longue et régulièrement terminée, défiez-vous de la meilleure des cisailles et employez une scie, étroite pour la commodité, finement dentée pour la perfection du travail.
B. — Résections des articulations interpiialangiennes
C'est encore le pouce, si précieux, qu'il faut ici avoir en vue. On peut être amené à faire une résection partielle ou totale de l'articulation interphalangicnne, à la suite d'une luxation compliquée de plaie ou bien d'une ostéo-arthrite. La situation des fistules ou de la plaie a ses exigences; néanmoins, sur le vivant comme sur le cadavre, il faut éviter de blesser les tendons et, par conséquent, inciser en long sur les côtés.
On peut se contenter d'une incision ; il est plus commode d'en faire deux non diamétralement opposées, plus rapprochées du côté dorsal que du côté palmaire, d'où le nom d'incisions latéro-dorsalcs.
Avec une incision unique que l'on fait très longue relativement à la longueur d'os à enlever, on est obligé, après dénudation sous-capsulopériostée, de luxer les extrémités articulaires en pliant le doigt sur le côté non incisé. Si l'on veut enlever d'un bloc le stiueletle articulaire avec sa capsule, il faut d'un coup de cisaille trancher le col de la phalange supérieure au-dessus de la trochlée, puis saisir au davier la partie à enlever, l'attirer au dehors et la dénuder jusqu'à ce qu'un second coup de cisaille donné sur la phalange inférieure puisse emporter tout le mal.
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Quiiiul on a recours aux deux incisions iiitéro-(lorsiil(;s (fig. 5G1), la dénudalion est plus facile : après dcsarticulalion on luxe ou bien, avec la fine et étroite lame passc-partout introduite sous les parties molles dorsales, on scie au droit d'une lamelle prolectrice insinuée entre les phalanges et les chairs palmaires.