ISOLEMENT DL L'ARTERE
La dénudation par la pince et le bistouri est certes ce qu il y a de plus chirurgical : on ne meurtrit pas les tissus et si le blessé n'a pu être endormi, il souffre peu et ne remue pas; mais il faut voir clair. En conséquence, il est bon de s'exercer à dénuder les artères sans le secours de l'instrument ranchant, dont il est toujours quelque peu dangereux de se servir à l'aveuglette.
Fig. 8. — Dénudation d'une artère, dernier temps, et passage du porte-fil.— Après la première (ici l'externe), la deuxième lèvre de la gaine (ici l'interne) a été
décollée par le bec de la sonde qui. à défaut de porte-fil. reste engagé sous le vaisseau ; la pince a ressaisi la lèvre externe, l'abaisse et pei'met à la sonde de charger l'artère
Si donc l'on se trouve gêné par le sang, on peut, après avoir pincé convenablemnt la gaine, la déchirer avec le tranchant du bec de la sonde renforcé du bout du médius.
On peut encore se servir d'une seconde pince pour déchirer le tissu cellulaire péri-art ériel, couche par couche s'il est épais et résistant : c'est même la seule manière de dénuder facilement une artère mobile comme l'épigastrique (fig. 9), la linguale, etc.
Bien souvent on se passe de pince et de bistouri. Pendant que l'index gauche est au fond de la plaie, près de l'artère qu il surveille et qu'il découvre, la main droite porte la sonde cannelée, perpendiculairement sur le milieu du vaisseau et cherche à perforer,
accrocher cl déchirer la gaine celluleiise en la grattant avec le bec
Fio. 9. — Dénudation avec deux pinces {artère épi gastrique). — Les pinces ayant saisi la gaine celluleuse en un même point, tirent chacune clans un sens différent, afin de déchirer ia gaine et de dépouiller l'artère sur une étendue suffisante.
l'ic. 10. — Dénudation d'une artère par la sonde {sous-clavière connut' exemple). — L'instrument, renforcé par le médius qui s'allonge jusque |>iès ;de son bec, gratte prudemment sur le vaisseau, accroche la gaine cejlulpuse cl la déchire.