DÉSARTICULATION DE PLUSIEURS METACARPIENS VOISINS
grand travers de doigt au-dessous du tubercule du cinquième métacarpien; sur le dos de la main et. dans la paume, l'incision se prolonge en dehors et en bas, le long du grand pli palmaire transverse, sinon au-dessous, jusqu'au niveau de l'intervalle des quatrième et troisième métacarpiens. A partir de là, les deux parties dorsale et palmaire descendent longitudinales pour se réunir en dehors du médius, après avoir contourné le derrière et le devant de la racine de ce doigt. La peau incisée devra être libérée, disséquée même dans une certaine étendue, surtout du côté de la paume, afin que les chairs, coupées un peu plus haut, puissent être enveloppées complètement après la désarticulation.
1-Kr. 181. — Incision pour l'ablation simultanée et totale des 2° et 5" métacarpiens. — Incision pour l'ablation simultanée mais partielle des deux derniers métacarpiens. Deux tirets blancs indiquent le niveau où il convient de scier ces os pour qu'ils soicni suffisamment recouverts par le lambeau palmaire.
3° L'ablation totale et simultanée des métacarpiens de l'index et du médius peut se faire à l'aide de l'incision en raquette (fig. 181) dont l'extrémité de la queue, traversée par une incision sous-jacente à l'interligne earpo-métacarpien, prend la forme d'un T, ce qui permet de désarticuler facilement.
L'extirpation partielle des deux mêmes métacarpiens peut être exécutée comme celle des deux derniers (fig. 181), en gardant un lambeau palmaire dont le bord convexe relevé viendrait s'unir à l'incision dorsale, oblique comme le plan de section des deux os.
AMPUTATIONS TRANSVERSALES DE LA MAIN
ARTICLE IV
AMPUTATIONS TRANSVERSALES DE LA MAIN
A. — Amputation totale et simultanée des quatre doigts
Le hasard des traumatismes peut rendre nécessaires de telles opérations.
Lorsque les commissures sont intactes, on peut enlever isolément plusieurs doigts, même voisins.
L'ablation des quatre doigts ensemble se fait nécessairement par le pro-
¥ta. 182. — Amputation totale et simultanée Fig. 183. — Même opération. Du côté de des quatre doigts, incision dorsale, près la paume, l'incision passe dans les plis
du bord libre des commissures. digito-palmairesj
cédé à deux lambeaux, dorsal et palmaire : celui-ci n'a d'autres limites que le pli digito-palmairc ; celui-là qui se rétractera énormément, doit être aussi long; par conséquent, il comprendra la peau qui couvre le tiers supérieur des phalanges et celle des commissures dont il n'y a ^[tvw que le bord libre de sacrifié.
Quand les incisions sont faites, on dissèque le lambeau dorsal pour le relever et bien découvrir les articulations mélararpn-plialaugieuiies. On
AMPUTATIONS TRANSVERSALES DE LA MAIS
désarticule chaque doigt successivement en commençant a gauche ; ou tous à la fois avec le plein tranchant; ou mieux encore, on opère comme pour enlever tous les orteils d'une seule pièce, opération qui, plus souvent pratiquée et tiès élégante, sera décrite avec détails.
B. — Amputation d'ensemble des quatre doigts avec extirpation partielle ou totale de leurs métacarpiens
Quand on enlève non seulement tous les doigts, mais que l'on attaque en outre les métacarpiens : ou bien tous ces os doivent être coupés au même niveau en travers, ou bien quelques-uns d'entre eux peuvent être
Fig. 184 et 18o. — Ablation totale et simultanée des quatre derniers métacarpien?.
L'iucisioD est une ellipse peu oblique qui. dans la paume, suit à peu près le grand pli transverse de flexion et donne un large lambeau palmaire, plus long eu dehors qu'en dedans. — Sur le dos de la main l'ellipse est irrégulière : on la voit d'abord croiser presque perpendiculairement les trois derniers métacarpiens; puis s'abaisser ver? la tète du second et se recourber de nouveau sur le côté externe du col de cet os pour rejoindre la partie palmaire de l'incision.
conservés plus longs que les autres, quelquefois même en totalité. Les amputations du métacarpe sont donc ou transversales ou obliques, et obliques tantôt dans un sens, tantôt dans l'autre.
Dans toutes ces amputations, on fait un lambeau palmaire et un lambeau dorsal : chacun d'eux doit être au moins aussi long que la main est épaisse. Sur le vivant, je crois qu'il serait téméraire d'entreprendre une opération de ce genre sans avoir à sa disposition presque toute la Ion-
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gueur des téguments palmaires (voy. Maisonneuve, Gaz. des hôp., 1842 et 1850; et Miction, Gaz. hebdom., 1864).
On scie les os qu'il nuit diviser, en travers ou en biais, suivant les besoins. Une scie à dents fines est utile ; on attaque successivement chaque métacarpien après avoir coupé, en bon lieu et avec une lame étroite, les chairs des espaces interosseux et les tendons.
Les figures 184 et 185 indiquent comment il faut, sur le cadavre, inciser la peau pour ne laisser que le pouce, mais elles ne disent pas comment on doit s'y prendre pour désarticuler les quatre métacarpiens à la fois.
Quand F articulation est découverte par ses extrémités et sa lace dorsale, il faut se préoccuper d'abord de l'extrémité qui est à gauche, l'ouvrir et, ce faisant, aller avec la pointe, du côté palmaire, coupelle plus possible de libres ligamenteuses antérieures. Cela permet une légère béance, grâce à laquelle on peut suivre plus facilement l'interligne dorsal et plonger au fond la pointe, afin de couper les fibres antérieures profondes, à mesure que l'on avance.
Si l'on veut procéder autrement, ouvrir l'articulation, du côté dorsal, sur toute sa longueur, dans l'espoir d'y engager ensuite le couteau à plein tranchant, on perd beaucoup de temps à trouver l'interligne très serré et à le parcourir avec la pointe du bistouri. Et quand cela est fait, rien d'utile n'est fait, car la jointure reste aussi serrée qu'auparavant. 11 faut en venir, en définitive, à attaquer l'articulation par un bout, comme nous l'avons dit et comme l'étude de Taiiatomie pouvait le faire supposer.