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DÉSARTICULATION SOUS-ASTRAGAI.1ENNE

large pour que sa hase s'étende depuis le bord interne du tendon d'Achille jusqu'à l'articulation du premier métatarsien. On s'est contenté de moins, je crois que l'on risquait beaucoup; mieux eût valu désarticuler le pied en totalité.

En opérant ainsi, on peut très facilement disséquer le lambeau de dehors en dedans. Pour peu que la tète de l'astragale soit à l'étroit dans son enveloppe, il faudrait l'exciser avec la scie à chantourner. Ce serait, je pense, un bon parti à prendre dans tous ces cas.

Fig. 592. — Désarticulation sous-astragalienne, lambeau interne insuffisant

(Malgaigne).

Malgaigne restait donc en deçà de l'indispensable, lorsqu'il opérait d'après le tracé de la figure 392. Après avoir tranché le tendon d'Achille et coupé les téguments postérieurs, externes et dorsaux (ceux-ci à 3 centimètres devant l'articulation astragalo-scaphoïdienne), Malgaigne entaillait au même niveau le bord interne et la plante du pied, au moins jusqu'au milieu. Puis, remettant le couteau dans le commencement de l'incision postérieure, derrière la malléole interne, il descendait obliquement vers la plante du pied, sous un angle d'environ 45 degrés, et rejoignait la fin de la première incision, en découpant ainsi un lambeau arrondi, large de 8 à 10 centimètres a la base et de 4 à 6 au sommet.

On a aussi, spécialement en Angleterre, gardé mainte fois un lambeau postérieur, la cupule ealcanéenne de Syme, pour couvrir la face inférieure de l'astragale. C'est un mauvais procédé qui place la cicatrice justement sur le point du moignon qui fatigue le plus, sous la tète de

l'astragale.

En septembre 1888 Chaput a imité Tripier, mais en apportant une importante modification au procédé. Chaput a commencé par se débarrasser du tendon d'Achille en le désinsérant. Puis il a fait deux coupes

calcanéennes : l'une verticale destinée a raccourcir sinon à retrancher la portion rétro-astragalienne du calcanéum; l'autre horizontale comme celle de Tripier. Le résultat fut la conservation d'un plateau calcanéen à peu près de même longueur que l'astragale, adhérent à cet os, offrant au coussinet plantaire une surface d'appui unie et parfaitement horizontale, privant enfin le tendon d'Achille du bras de levier dont il se sert pour renverser le calcanéum.

Les incisions propres à la désarticulation sous-astragalienne simple et à l'opération de Pasquier-Le Fort conviennent parfaitement ici, moyennant qu'on les prolonge assez en arrière pour découvrir facilement le tendon d'Achille et l'arrière-calcanéum.

ARTICLE VIII

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