RESECTIONS DES GRANDS OS DU MEMBRE INFÉRIEUR
ARTICLE Y
RESECTIONS DIAPHYSAIRES DES GRANDS OS DU MEMRRE INFERIEUR
Je no resterai pas longtemps sur ce sujet et m'abstiendrai de parler de la résection dans les fractures compliquées et de l'extraction des séquestres invaginés.
Tibia. — Les cas d'extirpation totale ou presque totale de la diaphyse tibiale ne sont plus rares. J'ai vu l'opéré de Duplay en 1875. C'était, comme c'est l'ordinaire, un jeune sujet atteint de périostite phlegmoneuse diffuse grave, vaste suppuration médullaire et sous-périostique avec décollement de l'épiphyse inférieure. (Y. Faucon, Mém. deïAcad. de Belgique, 1880.1
Beaucoup de chirurgiens prêchent l'extirpation hâtive. C'est donc une résection sous-périostée a exécuter, avec cette circonstance opératoire favorable que le périoste est déjà en partie détaché et, là où il adhère encore, préparé au décollement.
L'incision à faire doit courir sur la face interne ou sous-cutanée, le long et à faible distance du bord interne du tibia.
On commence, avec la rugine droite, à décoller les deux lèvres du périoste de la face exposée ; l'on explore ainsi l'étendue de la lésion afin de prolonger d'emblée l'incision aussi loin qu'il est nécessaire. En travaillant d'abord au milieu de la plaie, dont les lèvres s'écartent facilement en ce point, l'on arrive, principalement avec le bout de la rugine courbe, à contourner le bord antérieur, puis le postérieur, d'un bout à l'autre, et à pousser la dénudation sur les faces externe et postérieure jusqu'au bord externe, dont la même rugine courbe détache bien la cloison interosseuse. Pour peu que l'incision ait plus de 12 centimètres de long, on réussit sans peine, avec de bons écarteurs et les rugïnes appropriées, à dépérioster tout le pourtour de la diaphyse dans le milieu de la plaie. Alors, avec la rugine insinuée à plat sous le périoste et travaillant tantôt du bout, tantôt du côté, l'on pousse la dénudation en haut et en bas sur les deux faces externe et postérieure. Il est utile sinon indispensable, de débrider au niveau des futurs traits de scie les deux bouts de la lèvre antérieure du périoste, afin de la rejeter en lambeau en avant et en dehors. Avec celle précaution, il devient possible de dépouiller la face externe aussi facilement que la face postérieure, et de libérer dans la même étendue le bord externe du tibia. Ce dernier temps de l'opération s'accomplit avec le tranchant latéral de la rugine courbe engagée à plat sur l'os comme
pour le charger, quelquefois avec une simple mise de fil solide passée sous le milieu de l'os et tirée successivement en haut et en bas.
La scie à chaîne intervient ensuite pour diviser l'os une première fois, autant que possible au-dessous de l'attache du tendon rotulien, une seconde fois, sil'épiphyse inférieure n'est pas décollée, au point fixé lors de l'exploration. La sonde gouttière en métal flexible (cuivre rouge) d'Ollier me paraît recommandable autant pour passer la scie à chaîne que pour maintenir les parties molles écartées pendant le sciage.
Le périoste diaphysaire du tibia peut reproduire un fragment intermédiaire solide et long, même chez l'adulte; mais pas toujours même chez l'enfant. Il faut tabler en conséquence, quand on a la main forcée, et au besoin raccourcir le péroné pour établir la solidité du squelette jambier.
Péroné. — Voilà un os que l'on peut extirper en totalité. Cependant il vaut mieux, quand c'est possible, laisser la malléole externe, procédé sur
Fio. 655. — Extirpation de l'extrémité supérieure du péroné, incision d'Ollier.
lequel Polaillon a rappelé l'attention, etne pas toucher à l'extrémité supérieure de l'os à cause des nerfs tibial antérieur et musculo-cutané et de la communication possible de l'articulation tibio-péronière avec l'articulalion fémoro-tibiale. Aujourd'hui toutefois, le pansement antiseptique et le procédé d'Ollier ont levé ces deux dernières difficultés.
On peut enlever le péroné d'un seul morceau, en rejetant en avant les muscles péroniers et leurs tendons. Je conseillerais volontiers de l'extraire en deux pièces et par deux incisions : l'une, que nous connaissons, serait située dans l'axe de la malléole, devant les muscles, l'autre en haut et derrière. La première devrait épargner la branche cutanée du nerf musculocutané