DECOUVERTE 1»E QUELQUES NERFS SENS1TIFS DE LA FACE
Des névralgies rebelles ont été suspendues, guéries même, par la distension, la section et surtout la résection des nerfs. Les nerfs mixtes ne s'accommoderaient pas de la résection, qui rendrait la paralysie musculaire ordinairement définitive.
Je ne m'occuperai que des branches du trijumeau, siège de l'horrible et fréquente névralgie faciale. On peut les couper sous les téguments avec un ténotome : il vaut mieux les découvrir et en réséquer un bout à ciel ouvert (voy. Létiévant, Traité des sections nerveuses. Paris, 1875).
Nerf frontal.
Il est appliqué mais non adhérent au périoste du plafond de l'orbite, sous lequel il se divise en frontal externe, frontal interne et trochléaire.
C'est sous ce plafond qu'il faut aller le chercher, assez profondément pour le saisir avant sa division. On incise donc l'attache palpébrale le long et au-dessous du rebord orbitaire divisant successivement la peau, le
muscle orbiculaire et l'aponévrose; on abaisse toutes les parties molles et l'on aperçoit le nerf que l'on saisit profondément pour le couper au delà de la prise, renverser le bout périphérique et l'exciser.
Mais où faut-il placer le milieu de l'incision pour tomber juste sur le nerf? Autrement dit, en quel point les branches frontale externe, frontale interne et sus-trochléaire émergent-elles de l'orbite? La première sort avec l'artère homonyme, par l'échancrure sous-orbitaire, échancrure tangible quand elle n'est pas transformée en trou ; la seconde se dégage entre l'échancrure et la poulie du grand oblique généralement tangible aussi ; la troisième enfin, quand elle existe, traverse le tissu fibreux de la poulie. Entre la première et la troisième il y a 12 ou 15 millimètres.
Comme la branche frontale externe, la principale, continue le nerf en droite ligne, c'est son point d'émergence, l'échancrure sus-orbitaire, situé à 25 ou 50 millimètres de la ligne médiane, qui marque le milieu de l'incision.
En plaçant le milieu de l'incision au droit de la poulie et la recourbant suivant le contour interne de l'orbite, on risque de trancher, mais avec précaution l'on découvre le nerf sous-trochléaire ou nasal externe, que j'ai vu Abadie reconnaître à la petite artère qui l'accompagne.
Nerf sous-orbitaire.
Au sortir de la fosse ptérygo-maxillaire, le nerf maxillaire supérieur, après avoir fourni les rameaux dentaires postérieurs, s'engage dans la gouttière sous-orbitaire bientôt convertie en canal par un mince couvercle qui ne s'épaissit qu'au bord de l'orbite. Dans le canal même se détachent, souvent un nerf dentaire moyen, toujours le dentaire antérieur.
Découvrir le nerf le plus en arrière possible, avant la naissance des rameaux dentaires antérieurs, dans la portion du canal facile à effondrer, tel est le but. On l'atteint en incisant le bord adhérent de la paupière inférieure, peau, muscle et périoste, dans l'étendue de trois centimètres. Le milieu de l'incision doit se trouver à plomb au-dessus du trou sousorbitaire qui est lui-même sur la verticale descendant de l'échancrure sus-orbitaire tangible, à 25 ou 50 millimètres du plan médian.
L'incision ayant été faite à fond, penne! d'amorcer et de poursuivre le soulèvement du périoste du plancher de l'orbite, périoste que l'on charge sur le grand boni de l'écarteur brillant, afin de relever toutes les parties sus-jacentes et d'exposer le couvercle fissuré du canal et la gouttière oui le précède.
Le bris du couvercle est facile : aussitôt fait, un petit crochet charge le nerf délicatement sans appuyer sur le lit fragile du canal. On séparé