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MALADIES DE LA TRACHÉE, DES BRONCHES ET DES POUMONS

Les affections de la trachée et surtout celles des bronches et des poumons sont aiguës ou chroniques.

Les affections aiguës sont les trachéo-bronchites et les broncho-pneumonies, dont l'étiologie est intimement liée aux infections des premières voies respiratoires, les congestions pulmonaires et la pneumonie, la tuberculose pulmonaire, etc. D'un diagnostic relativement facile, pour la plupart, elles comportent souvent un pronostic sérieux.

Les affections chroniques soulèvent au contraire, dans bien des cas, de grandes difficultés de diagnostic. Un examen clinique attentif, la radioscopie, la bacilloscopie des crachats, l'épreuve de la tuberculine et la réaction de Bordet-Wassermann sont souvent nécessaires pour différencier les dilatations des bronches, la tuberculose pulmonaire et la syphilis pulmonaire, sans parler d'autres affections plus rares.

En pratiquant l'examen du thorax, le médecin doit se rappeler quelques particularités de la sémiologie. .

L — Trachéo-bronchites aiguës. |

Chez renfant,les trachéo-bronchites aiguës relèvent des f

mêmes conditions étiologiques que chez l'adulte ; cependant |

certaines causes interviennent d'une façon plus spéciale. '

D'autre part, comme les processus défensifs des voies respi- \

ratoires sont peu actifs (p. 342), l'inflammation se propage fa- i

cilement des grosses bronches aux petites et aux lobules ;

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pulmonaires; l'éventualité d'une bronchite capillaire ou d'une broncho-pneumonie aggrave le pronostic de la bronchite aiguë avant 5 ans et surtout au-dessous de 2 ans ; sous ce rapport, les périodes extrêmes de la vie, Tenlance et la vieillesse, présentent une grande analogie.

Étiologie.. Bactériologie. — Les trachéo-bronchites aiguës ^ont surtout fréquentes de 6 mois à 3 ans. Elles sont le résultat dune infection exogène ou endogène par des germes spécifiques ou vulgaires, les causes en sont nombreuses.

1° Trachéo-bronchites infectieuses spécifiques. — Les principales sont celles de la rougeole, de la coqlieliiche, de la grippe, de la fièvre typhoïde ; elles sont à peu près constantes au début de ces maladies et dues à leurs germes connus ou ignorés. Plus rare est la bronchite diphtérique, qui réalise une variété de bronchite membraneuse (p. 352).

2° Trachéo-bronchites infectieuses non spécifiques. — Elles relèvent de germes vulgaires, la plupart hôtes habituels des voies respiratoires : pneumocoques, streptocoques, staphylocoques blancs et dorés, micrococcus catarrhalis, bacille de Pfeiffer, pneumobacille de Friedlander, etc. Généralement elles sont polymicrobiennes. Les divers germes interviennent d'ailleurs secondairement dans les bronchites spécifiques.

Les trachéo-bronchites non spécifiques sont généralement onsécutives aune rhino-pharyngo-laryngite. Elles surviennent ^souvent à l'occasion d'un refroidissement (bronchite a Jrigore), quelquefois à l'occasion de révolution dentaire (p. 17). Elles peuvent atteindre tous les 'enfants. Certains y sont prédisposés et ont des bronchites à répétition : suivant les cas, la prédisposition est réalisée par le neuro-arthritisme ou le lymphatisrae, par V infection chronique du nez et du pharynx, conséquence des végétations adénoïdes et de l'hypertrophie des amygdales pharyngées (p. 74), par le rachitisme, les gibbosités, le mal de Pott, les déformations thoraciques, les cardiopathies chroniques, qui entretiennent des troubles de la circulation pulmonaire ; par des adénopathies trachéo-bronchiques, qui entraînent la compression des veines, des nerfs ou des bronches. Les affections intestinales y prédisposent également pour des raisons multiples; en pareil cas on peut trouver le colibacille et attribuer sa présence à une infection hématogène ; mais celle-ci n'est pas fréquente (p. 154).

A côté de ces bronchites de nature manifestement infec-

lieuse, il en est d'autres plus rares, dans lesquelles l'infection n'intervient pas ou n'intervient que secondairement. Ce sont les bronchites névrosiques, qui surviennent dans l'asthme, l'urticaire, la fièvre des foins; les bronchites toxiques, qui s'observent dans les néphrites ou sont provoquées par l'iode, le brome, les vapeurs irritantes-; les bronchites mécaniques consécutives aux corps étrangers des voies respiratoires.

Anatomie pathologique. — La trachée, les grosses et les moyennes bronches contiennent un exsudai muqueux, mucopurulent ou purulent. La muqueuse est rouge, épaissie, dépolie ; elle présente des arborisations vasculaires, des érosions et quelquefois des ulcérations. Vexamen histologique montre que les cellules épithéliales perdent leurs cils, se gonflent et se transforment en cellules caliciformes, ou bien se détachent ; que les cellules glandulaires présentent des altérations de même ordre ; que les capillaires sanguins sont dilatés et entourés de manchons leucocytiques. Les autres tuniques bronchiques sont peu ou pas modifiées. Les ganglions trachéo-bronchiques sont tuméfiés et rouges.

11 y a souvent de la bronchite capillaire et de la bronchopneumonie, qui ont causé la mort.

Symptômes. — On peut décrire une forme légère et une forme grave. L'une et l'autre sont généralement précédées pendant quelques jours par du coryza et de l'enrouement, quelquefois par une laryngite catarrhale aiguë nettement caractérisée.

1° Forme légère. — L'enfant a une fièvre modérée, est abattu ; sa respiration est fréquente. Il a une toux d'abord sèche, pénible, quinteuse, rappelant les quintes incomplètesdu début et de la fin de la coqueluche, puis plus grasse ; avant 5 ou 6 ans, elle ne s'accompagne pas d'expectoration ; chez les enfants plus âgés ï expectoration, qui survient après 2 ou 3 jours, est d'abord muqueuse, puis muco-purulente, épaisse, jaunâtre ou verdâtre. A Vauscultation, on entend, disséminés des deux côtés de la poitrine, des râles ronflants et sibilants et, plus tard, de gros râles muqueux et sous-crépitants : les râles manquent, s'il y a simplement de la trachéite.

Au bout de quelques jours, la fièvre tombe et les symptômes s'amendent. La guèrison est rapide, s'il n'existe aucune cause de prolongation.

2*^ Forme grave. — Elle débute, soit comme la forme pré-

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çédente, soit d'emblée avec une température plus élevée et une respiration plus accélérée.

Tantôt, surtout chez les très jeunes enfants, Vinfection gagne rapidement les petites bronches, donne lieu aux signes de la bronchite capillaire (p. 372; et provoque des phénomènes graves qui traduisent une véritable septicémie (P. Claisse).

Tantôt apparaissent des phénomènes congeslifs (Cadet de Gassicourt). La température s'élève à 40°-40^5, la dyspnée est vive et s'accompagne d'agitation. L'examen de la jjoitrine, en plus des râles de bronchite, décèle aux bases une légère submatité, de la dmiinution du murmure vésiculaire, du souflle, quelques râles sous-crépitants fins (p. 390). Puis, suivant les cas, les symptômes s'aggravent et on assiste au dévelopl)ement d'une broncho-pneumonie, ou bien, au contraire, au bout de 24 ou i8 heures, ils s'amendent et la bronchite continue d'évoluer comme dans la forme })récédente.

La bronchite membraneuse diphtérique a déjà été décrite (p. 352).

Pronostic. — La bronchite aiguë est généralement bénigne chez les enfants âgés de i>lus de 2 ans et demi ou 3 ans ; audessous de cet âge le pronostic doit toujours être réservé. Il faut tenir compte d'ailleurs, non seulement de l'âge de l'enfant, mais encore de son état de santé antérieur, des conditions étiologiques et des complications possibles, telles que la bronchite capillaire et la broncho-pneumonie.

Diagnostic. — Le diagnostic de bronchite aiguë se fait par l'auscultation et l'évolution de la maladie. L'examen de la poitrine, l'étude des phénomènes généraux permettent de reconnaître s'il s'agit d'une bronchite des grosses et moyennes bronches ou d'une bronchite capillaire, d'éliminer ou d'admettre une congestion pulmonaire ou une broncho-pneumonie concomitantes.

Les commémoratifs et l'examen de l'enfant conduisent au diagnostic étiologique; ils permettent de reconnaître s'il s'agit d'une bronchite simple ou spécifique (bronchite de la rougeole notamment).

Dans certains cas, il faut penser à Vasthme catarrhal.

Traitement. — L'enfant est maintenu au lit dans une chambre bien aérée, à une température de 16° ou 18°. On pratique Yantisepsie du nez et de la gorge, des inhalations de vapeur d'eau additionnée de substances balsamiques (p. 61).

Dans \si forme légère on applique sur la poitrine des cata-

plasmes simples ou sinapisés, des ventouses sèches. Dans la forme grave on prescrit le maillot humide et frais, et même, surtout s'il y a menace de bronchite capillaire ou de bronchopneumonie, des bains chauds, simples ou sinapisés, toutes les 3 ou 4 heures.

Si l'enfant est vigoureux et s'il y a de l'encombrement des bronches, on peut donner au début un vomitif {ipécsi).

On ordonne des tisanes chaudes, du benzoate de soude, de Tacétate d'ammoniaque; de la quinine, si la température est élevée et surtout au cas de bronchite grippale. A la période terminale, on emploie les balsamiques (baume de tblu, terpine).

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