V. — Congestion aiguë du poumon
Fréquente à tous les âges, la congestion aiguë du poumon l'est particulièrement chez l'enfant, par suite de l'extrême susceptibilité de son système vaso-moteur. Tantôt elle est secondaire à une autre affection, tantôt elle évolue comme une maladie primitive {congestion-maladie de Woillez).
Elle détermine des phénomènes généraux et fonctionnels (fièvre, douleur thoracique, toux, dyspnée), et des signes physiques : submatité, diminution du murmure vésiculaire, souffle d'intensité variable, auxquels peuvent se surajouter des râles crépitants ou sous-crépitants plus ou moins fins, quand il se produit des exsudats dans les alvéoles pulmonaires et les petites ramifications bronchiques. Ces signes sont remarquables par leur mobilité, leur instabilité, leur courte durée.
A. — Congestion secondaire. — Elle se rencontre souvent dans les affections de l'appareil respiratoire : bronchite aiguë, broncho-pneumonie , pneumonie, pleurésie, tuberculose pulmonaire^ adénopathie trachéo-bronchique, coqueluche, etc. Elle est particulièrement fréquente chez les enfants (Cadet de Gassicourt). Dans la bronchite aiguë des enfants, même légère, les phénomènes congestifs sont fréquents (Cadet de Gassicourt) ; je ne reviens pas sur leur description (p. 367). Dans la bronchopneumonie, se produisent des poussées congestives(Lcgendre et Bailly, Cadet de Gassicourt), courtes et mobiles, qui augmentent la dyspnée et la fièvre pendant 4 ou 2 jours (p. 374). Dans la pneumonie, ces poussées surviennent au début, pendant l'évolution, ou au moment de la convalescence.
La congestion pulmonaire s'observe encore dans les infections (fièvre typhoïde, rhumatisme articulaire aigu, etc.) et les intoxications aiguës, dans certaines cardiopathies, etc.
B. — Congestion-maladie (Woillez). — Cette forme de congestion évolue comme une maladie primitive idiopathique. On lui a décrit des types cliniques divers. Les uns simulent plus ou moins la pneumonie : c'est la congestion pulmonaire à forme pneumonicjue {WoiWez), lapneumonie congestive (Potain), la congestion pulmonaire aiguë primitive, étudiée chez l'enfant par Cadet de Gassicourt. Les autres se rapprochent par leurs symptômes de la pleurésie avec épanchement, soit CjLu'il y ait du liquide en quantité appréciable dans la plèvre {congestion pleuro-pulmonaire de Potain, Duflocq et Serrant), soit que la plèvre reste indemne, [spléno-pneumonie (Grancher), maladie de Grancher (Oueyrat)].
l'* Congestion pulmonaire à forme de pneumonie. — Je n'insiste pas sur sa description, car cliniquement cette forme de congestion ressemble à la pneumonie abortive (p. 399) par son début brusque, son hyperthermie, ses signes physiques (submatité, affaiblissement du murmure vésiculaire ou souffle doux et superficiel, râles crépitants ou sous-crépitants fins), sa défervescence rapide au bout de 1 a 3 jours. Pour Hénoch, d'Espine, etc., elle n'est d'ailleurs qu'une pneumonie abortive ou rudimentaire. Elle est souvent due au pneumocoque.
S*' Congestion pleuro-pulmonaire (type Potain). — Le début, généralement progressif, est marqué par des frissons, un point de côté, de la toux, de la fièvre. On constate à l'une des bases de la matité, de l'abolition des vibrations, un souffle doux, étalé, des crépitations pleurales, de la bronchoégophonie. Ce sont donc des signes de pleurésie, mais à caractères anormaux, qui sont dus à la coexistence d'une congestion pulmonaire et d'une mince couche de liquide. Celui-ci, d'ailleurs, peut manquer et en tout cas sa présence ne peut être affirmée que par la ponction exploratrice.
3«» Spléno-pneumonie, maladie de Grancher. — Cette forme, décrite par Grancher (1883) chez l'adulte, n'est pas rare chez l'enfant. Mlle Brandhendler (4890) et Queyrat (4892) l'ont étudiée chez ce dernier. Elle est due en général au pneumocoque.
Elle débute par des frissons, de la fièvre, un point de côté, de la toux. Il n'y a pas d'expectoration, même chez les