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X. — Syphilis pulmonaire

La syphilis héréditaire du poumon est une affection relativement rare.

Généralement précoce, elle se rencontre chez le fœtus et dans les premiers mois de la vie. Quelquefois tardive, elle s'observe à partir de 6 ou 7 ans et jusque chez l'adulte.

En dehors des altérations spécifiques, l'hérédo-syphilis joue un rùle dans la production des scléroses broncho-pulmonaires (p. 38:2) pleurales et médiastines (p. 463).

Anatomie pathologique. — Les lésions ^oni circonscrites ou difj'ases. Elles sont surtout caractéristiques dans l'hérédosyphilis précoce.

i° Lésions circonscrites : gommes. — Les gommes forment des îlots grisâtres, compacts, du volume d'un pois, qui peuvent subir la fonte caséeuse. Presque toujours il existe en même temps des lésions diffuses.

2° Lésions -diffuses. — Elles peuvent se présenter sous différents aspects (Balzer et Grandhomme, Bériel).

a) Pneumonie interstitielle aiguë. — Les poumons sont foncés, denses, surtout dans les régions postérieures; ils ne crépitent pas et se coupent comme un morceau de foie; par places il y a souvent des noyaux d'induration.

Au microscope, on constate de la congestion capillaire avec stase leucocytique et, au niveau des noyaux, des lésions qui rappellent celles de la broncho-pneumonie, mais s'en distinguent par l'épaississement de l'artère bronchiolaire, l'importance de l'infiltration leucocytique interstitielle péri-bron-

chique, péri-alvéolaire, péri-lobulaire, l'abondance moindre des exsudais alvéolaires.

b) Pneumonie blanche (Virchow, Lorain, Robin). — Chez les fœtus ou les mort-nés, elle a une iopogrsiphie pseudo-lobaire ; chez les enfants qui ont respiré, elle constitue des, noyaux disséminés plus ou moins gros. Le poumon est gros, ferme, de coloration blanche ou rose saumon (Parrot); la coupe est exsangue ; il ne se produit pas de crépitation et un fragment tombe au fond de l'eau.

Les artères sont épaissies et indurées, atteintes surtout de péri-artérite. Il y a de ïépaississement des cloisons péri-alvéolaires, péri-lobulaires, péri-bronchiques, dû à du tissu fibroïde et à des cellules rondes ; du rétrécissement ou de la dilatation des cavités alvéolaires remplies de cellules épithéliales cubiques, parfois infiltrées de graisse, de lymphocytes, d'amas de polynucléaires. Suivant la prédominance de telle ou telle lésion, on distingue une /orme adénomateiise , une forme desquamative, une forme interstitielle.

c) Dilatation des bronches. — L'hérédo-syphilis est une cause de dilatations congénitales des bronches {Hellev, Balzer et Grandhomme, Tripier, Bériel, etc.).

Ces dilatations diffèrent des dilatations cylindriques décrites plus haut (p. 383). Ce sont des dilatations ampullaires isolées ou, plus souvent groupées de façon à constituer un tissu aréolaire, en nid d'abeilles, du volume d'un pois ou d'une noisette, à parois lisses et rosées, parfois des cavernes à parois scléreuses. L'épithélium est plus ou moins altéré ; la paroi est formée d'un tissu scléreux et de fibres musculaires hypertrophiées ; elle ne cpntient ni glandes ni cartilages, mais l'enferme des |Vaisseaux dilatés, de véritables lacs sanguins. A la périphérie est un manchon de cellules rondes.

Les ganglions trachéo-hronchiques, généralement indemnes (Parrot) peuvent être intéressés à un haut degré (p. 455).

Le tréponème se trouve dans les lésions au niveau des artères, des bronches, de l'épilhélium pulmonaire.

Symptômes. Diagnostic. — 1" Syphilis pulmonaire précoce. — Généralement les lésions syphilitiques sont trop ditluses pour permettre la survie. Il s'agit d'enfants mortnés ou nés prématurément, qui meurent en quelques heures ou quelques jours. Exceptionnellement la survie est de quelques mois et la guérison survient.

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