EMPHYSÈME PULMONAIRE
La pneumopathie n'a pas de signes caractéristiques. On lote de la dyspnée, de la cyanose, un peu de bouffissure de la face, quelquefois du tirage sus et sous-sternal; 1 auscultation et la percussion ne donnent pas de renseignements.
1" Syphilis tardive. — L'histoire de l'hérédo-syphilis tardive est très mal connue. On peut y penser en présence d'une dilatation des bronches ou d'une broncho-pneumonie chronique, s'il s'agitd'unsyphilitique, s'il n'y apas de broncho-pneumonies antérieures, de tuberculose, quand il existe une épaisse symphyse plurale.
La coexistence de la tuberculose est assez fréquente ; il
-en résulte un aspect spécial des lésions tuberculeuses : chez
les nourrissons, elle détermine lapparition de cavernes
p. 411); elle favorise le développement de la sclérose (Hu-
tinel).
Dans les cas douteux, une réaction de Bordet-Wassermann positive montre l'intervention de la syphilis.
Traitement. — Le traitement spécifique doit être essayé. Il est généralement inefficace chez les nouveau-nés et quand 1 existe une sclérose avancée.
XL — Emphysème pulmonaire.
L'emphysème est fréquent chez les enfants, de même que les affections respiratoires et la dyspnée qui en provoquent l'apparition, mais on observe surtout ses formes aiguës. On peut en rencontrer les deux variétés décrites par Laënnec : 1"^ emphysème vésiculaire ou intra-lobulaire ; ^'^ emphysème interstitiel ou inter-lobulaire.
I. Emphysème vésiculaire. — Des deux formes qu'il présente, emphysème aigu et emphysème chronique, la première est la plus commune dans l'enfance.
A. Emphysème VÉSICULAIRE aigu. — 11 consiste dans la distension simple des alvéoles pulmonaires ; les cloisons alvéolaires et les vaisseaux sont intacts.
Il survient dans les affection!^ aiguës des voies respiratoires, causes de dyspnée: laryngites aigfuès et notamment laryngite diphtérique, corps étrangères, coqueluche, asthme, bronchites aiguës et surtout broncho-pneumonies, pneumonie, tuberculose aiguë.
Il est le plus souvent localisé auxsommets et sur les bords
antérieurs ; quelquefois il s'étend à tout un lobe ; plus rarement il est généralisé, au cas de diphtérie bronchique, d'hémoptysie foudroyante, etc. Les acini et les lobules distendus forment des saillies plus ou moins volumineuses,, blanches ou rosées, à contours nets, molles au toucher, crépitant mal, ne s'aftaissant qu'incomplètement après une piqûre d'épingle.
Le seul symptôme auquel cet emphysème donne lieu est une sonorité exagérée au niveau des régions antérieures et supérieures du thorax.
Il disparaît avec la cause qui l'a créé ; il passe exceptionnellement à Vétat chronique, par exemple à la suite d'une coqueluche grave.
B. Emphysème vésiculaire chronique. — a) JEmphjséme partiel. — Il peut survenir, à titre d'épiphénomène, au cours des affections chroniques des voies respiratoires, dilatation des bronches, tuberculose, adénopathie trachéo-bronchique, etc. ; chez les enfants atteints de mal de Pott, de rachitisme, à thorax déformé, qui souffrent de dyspnée habituelle.
b) Emphysème généralisé. — 11 est rare dans l'enfance et tout à fait exceptionnel avant 6 ans; il constitue essentiellement une maladie de l'adulte et du vieillard. Quand il existe chez l'enfant, il est dû à Vasthme essentiel ou symptomatique d'une lésion du nez ou du pharynx (rhinite hypertrophique. végétations adénoïdes), à une adénopathie trachéo-bronchique , à la bronchite chronique qui accompagne souvent ces états pathologiques. Peut-être faut-il faire jouer un rôle en pareil cas à ïhérédité arthritique directe (Louis, Hirtz) ou indirecte. Le rôle de la tuberculose pulmonaire, à évolution plus ou moins latente, des altérations des cartilages costaux (Freund, Ameuille), serait à préciser. Exceptionnellement il succède à l'emphysème aigu.
Les lésions sont les mêmes que chez l'adulte : c'est l'emphysème à gros poumons, dans lequel il y a dilatation des alvéoles pulmonaires, destruction des cloisons, altérations des fibres élastiques et des capillaires pulmonaires. Je n'y insiste pas, non plus que sur les théories pathog^niques, qui n'ont rien de spécial à l'enfance.
Cliniquement, l'affection s'installe lentement. Elle se traduit par la dyspnée d'effort, la dilatation du thorax, les modifications du rythme respiratoire, la sonorité exagérée à la percussion, la faiblesse du murmure vésiculaire, etc. Le dia-
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gnostic en est facile ; il importe surtout d'en reconnaître la cause.
L'enfant, atteint d'emphysème généralisé, ne meurt pas de cette affection ; il atteint généralement l'adolescence et l'âge adulte, car la dilatation du cœur et Yasystolie, aboutissants habituels de l'emphysème, ne se produisent qu'après de longues années. Mais il est sujet aux infections des voies respiratoires, bronchites et broncho-pneumonies, tuberculose fcelleci rarement), il peut être atteint de pneumothorax (p. 449) ou d'emphysème interstitiel causé par la rupture d'une vésicule emphysémateuse.
II. Emphysème interstitiel. — L'emphysème interstitiel est moins rare chez l'enfant que chez l'adulte. C'est chez le premier qu'il a été surtout étudié, notamment par Ménière .4829), Bailly (1843), Natalis Guillot (1853), Roger (1853 et 1862), etc.
Il se rencontre surtout au-dessous de 7 ans.
On peut V observer accidentellement, après un effort, chez un enfant bien portant, ou au cours de convulsions. Quelquefois il complique la trachéotomie ou une affection ulcéreuse de la trachée. Le plus habituellement il apparaît dans les bronchopneumonies, notamment dans celles de la coqueluche, de la rougeole, au cours de la tuberculose pulmonaire, etc.
Il est en pareil cas consécutif à la rupture d'une vésicule pulmonaire atteinte d'emphysème aigu, sous l'influence des quintes de toux, ou à la perforation spontanée au niveau de la lésion inflammatoire. La rupture se fait, soit sous la plèvre ou dans le tissu interlobulaire, soit dans le tissu cellulaire du médiastin, s'il y a des adhérences pleurales préalables. A l'autopsie, on voit sous la plèvre ou dans les espaces conjonctifs du poumon des vésicules remplies d'air, qui communiquent avec les alvéoles voisins. L'air chemine de proche en proche, atteint le médiastin, s'étend le long de l'œsophage et de la trachée vers le sommet du thorax; il peut ainsi se généraliser au tissu cellulaire sous-cutané du cou, de la face, des aisselles, du thorax, des membres supérieurs, rarement des inférieurs {emphysème sous-cutané).
L'emphysème interstitiel, qui survient au cours d'une des affections signalées plus haut, reste latent ou bien augmente la dyspnée et la cyanose. Il ne peut être diagnostiqué qu'après l'apparition de l'emphysème sous-cutané. Celui-ci débute au niveau de la région sus-sternale sous forme d'une
tuméfaction molle, qui s'étend rapidement et atteint son maximum en 24 ou 48 heures. L'enfant paraît atteint d'anasarque, ressemble à un enfant en baudruche (Grancher) ; les parties distendues sont le siège d'une crépitation gazeuse caractéristique.
La mort est la terminaison la plus fréquente; elle survient en 24 ou 48 heures. Cependant assez souvent la guérison se fait, l'air se résorbe en 8 à 20 jours. C'est surtout la gravité de l'affection causale qui règle le pronostic.
Traitement de l'emphysème pulmonaire. — L'emphysème vésiculaire aigu ne comporte pas d'indications thérapeutiques.
L'emphysème vésiculaire chronique comporte : 1^ un traitement ctiologiqiie variable suivant la cause; 2" un traitement palliatif ou ciiratif : vie à l'air pur et dans un climat tempéré, bains d'air comprimé, médication iodurée et arsenicale,; notamment par l'iodure d'arsenic (Rousseau Saint-Philippe), cure hydrominérale au Mont-Dore, à la Bourboule, etc. ; 3° un traitement symptomatique de la toux, de la dyspnée (inhalations de pyridine, injection de morphine au cas de| nécessité), de la bronchite, etc.
Contre l'emphysème interstitiel il n'y a pas de traitement spécial ; quand apparaît Vemphysème sous-cutané, on fait de la compression, des frictions légères et au besoin des ponctions capillaires.