‹ Precis de medecine des enfantsChapitre 127 sur 277 · XII. — Apoplexie pulmonaire · texte numérisé non relu

XII. — Apoplexie pulmonaire

L'apoplexie pulmonaire, pneumo-hémorragie ou injiltraiion sanguine du poumon, quoique moins fréquente dans l'enfance qu'à [un âge plus avancé, s'observe cependant à toutes ses périodes, même chez le nouveau-né.

Etiologie. — Les causes chez l'enfant sont les suivantes.

1° lAffeciions cardio-vasculaires. — Malformations congénitales du cœur avec ou sans cyanose ; rétrécissement mitral pur; maladie mitrale ; péricardites et symphyse cardiaque ; endocardites ulcéreuses et végétantes. Dans ces affections, l'apoplexie pulmonaire est, en général, consécutive à l'oblitération d'une branche de l'artère pulmonaire par un caillot venu de l'oreillette droite.

Phlébites des veines périphériques, rares au niveau des

APOPLEXIE PULMOXAIRE 427

membres, plus fréquentes au niveau des organes profonds : phlébites des veines rénales dans les tumeurs du rein, phlébites des veines de la dure-mère dans les otites. Les unes et les autres s'observent encore dans les affections intestinales graves des nourrissons. Dans ces cas le caillot oblitérant vient des veines enflammées.

Thrombose par artérite de Vartère pulmonaire au cours des broncho-pneumonies, de la pneumonie, de la gangrène pulmonaire, de la tuberculose pulmonaire, de ladénopathie trachéo-bronchique, des affections gastro-intestinales chroniques cachectisantes (Hutinel .

2° Infections et intoxications. -^ Maladies hémorragipares et formes hémorragiques des maladies infectieuses : variole, scarlatine, purpura, etc. : — maladie du foie et des reins; — hémorragies multiples des nouveau-nés syphilitiques ou non.

3° Affections diverses. — Méningite tuberculeuse (Rilliet et Barthez), tumeurs cérébrales, etc. — Sclérème des nouveau-nés (E. Hervieux I.

Anatomie pathologique. Physiologie pathologique. — On distingue (Laënnec f :

1° Des foyers sanguins par déchirure, dus à la rupture de l'artère pulmonaire ou d'une de ses branches.

2° Des foyers sanguins par infiltration, qui comportent deux types : a) l'infiltration sanguine systématique, l'infarctus hémorragique ou hémoptoïque, dû à l'oblitération de l'artère pulmonaire par embolie ou par thrombose ; b) Finfiltration sanguine diffuse, non systématique, qui s'observe dans la congestion œdémateuse passive (poumon cardiaque), dans les» infections et intoxications, dans les troubles d'innervation.

Symptômes. — Le plus souvent l'apoplexie pulmonaire est latente. Quelquefois, chez Tenfant, elle est cause d'une hémoptysie foudroyante (Rilliet et Barthez;.

Quand il s'agit d'infarctus embolique, l'enfant est pris subitement d'un point de côté, de dyspnée et de toux; mais, sauf <îhez le grand enfant, l'expectoration caractéristique ^crachats hémoptoïques de Laënneci n'apparaît pas. A l'examen du thorax on note des signes de congestion pulmonaire.

dévolution diffère suivant la cause et le degré de l'apoplexie ; elle aboutit tantôt à une mort plus ou moins rapide, tantôt à la guérison.

L'apoplexie peut se compliquer de pleurésie, de pneumothorax, de broncho-pneumonie , d'abcès du poumon, de gangrène.

Diagnostic. — Il est très difficile, quand l'expectoration caractéristique fait défaut; aussi l'apoplexie pulmonaire est souvent chez l'enfant une trouvaille d'autopsie. L'apparition brusque d'un point de côté et de dyspnée au cours d'une des affections signalées à l'étiologie doit y faire penser.

Traitement. — Le traitement est dirigé par les indications syniptomatiqiies fournies par la dyspnée, la douleur, l'hémoptysie, quand ces phénomènes se produisent.

Page 1