II. — Médiastinites
Les inllammations du médiastin jouent dans la pathologie des enfants un rôle qui a été précisé depuis quelques années. Elles sont aiguës ou chroniques.
Étiologie. — Au cours des infections aiguës des ganglions péri-trachéo-bronchiques, du péricarde, de la plèvre, le tissu cellulaire avoisinant est toujours plus ou moins intéressé; c'est par son intermédiaire que se réalisent des altérations des organes qu'il contient, des nerfs par exemple, au cours des adénopathies (p. 455), que rinllammation s'étend du péricarde à la plèvre et inversement.
Dans la production des médiastinites chroniques, la tuberculose joue le princii)al rôle : les tuberculoses des ganglions trachéo-bronchiques, de la plèvre et du péricarde, suivant les cas, en constituent le point de départ.
La syphilis est parfois en cause (Hutinel).
Le plus souvent ces deux infections sont associées (Hutinel;; l'hérédo-syphilis favorise le développement d'épaisses néoformations conjonctives. J'ai observé avec Paisseau,chez un enfant de 10 ans, une médiastinite tuberculeuse, consécutive à une symphyse pleurale, dont l'évolution rapide a été conditionnée vraisemblablement par l'hérédo-syphilis. Dans près de la moitié des cas, les malades, tout en étant tuberculeux, ont une réaction de Wassermann positive (Hutinel).
Parfois la médiastinite, associée à des lésions subaiguës ou chroniques du péricarde et de l'endocarde, est causée par le rhumatisme articulaire aigu. Il serait intéressant de préciser également dans ces cas le rôle de la syphilis.
Anatomie pathologique. — La médiastinite chronique tuberculeuse est la plus caractéristique.
Le plastron sterno-costal est difficile à détacher. Il existe une double symphyse pleurale et une symphyse péricardique. Les plèvres adhèrent au péricarde et au tissu du médiastin, transformé lui-même en un bloc fibreux. Les organes contenus dans le thorax doivent être enlevés ensemble.
MALADIES DU MÉDIASTIN
Les coupes horizontales (fig. 83, 84, 85), faites avec les organes de l'enfant cité plus haut (p. 463), montrent les organes
Tronc Srlen^l brâch. cephâL^
Cârolide pr Q S Clâuière
Irachép [^Sophâqe.
Fig. 83. — Médiastinite. Coupe transversale passant au-dessus delà crosse de l'aorle et de la bifurcation de la trachée.
du médiastin qui sont englobés dans une gangue fibreuse, comprimés et déformés; on voit des ganglions tuberculeux.
Péricardp
Cœur
Crosse j
de l'Aorte i
Aorle desc^'
Wine c.
suflerié
\ ^Utsopi
Fig. Si. — Médiastinite. Coupe transversale passant immédiatement au-dessous de la crosse aorlique.
Le cœur, noyé dans le tissu fibreux a un volume variable.
MEDIASTIMTES
lils
Les poumons sont rétractés, plus ou moins scléreux présentent souvent des lésions tuberculeuses.
La sclérose des séreuses s'étend souvent au péritoine sousdiaphragmatique, au péritoine péri-splénique et au péritoine
péri-hépatique. Il y a de Vascite. Le foie présente les lésions du foie cardio-tuberculeux (p. 305).
Symptômes. — Les médiastinites aiguës provoquent surtout des phénomènes d'irritation nerveuse, qui sont les mêmes que ceux observés dans les adénopathies (p. 4o6).
NoBÉcouRT. — Précis de médecine des enfants. 30
466 MALADIES DU MEDIASTIN
Les médiastinites suhaiguës et chroniques déterminent des symptômes de compression des organes du médiastin; il s y associe souvent des symptômes provoqués par les lésions simultanées du péricarde, des plèvres, du péritoine, etc. Mais elles peuvent les provoquer à elles seules; le malade que j'ai observé avec Paisseau, constitue un bel exemi)le d'asystolie à prédominance hépatique, due surtout à la compression de la veine cave inférieure par un anneau fibreux (fig. 85).
Le début varie, dans une certaine mesure, suivant l'âge. Chez les jeunes enfants, le processus semble j)artir des ganglions trachéo-bronchiques et envahir successivement le péricarde, les plèvres, le péritoine. Chez les grands enfants, il commence par une pleurésie, généralement gauche, à allures , insidieuses ; parfois le point de départ est péri-hépatique (Hutinel).
Le tableau clinique est celui de la symphyse péricardique tuberculeuse avec asystolie hépatique (p. 305), de la cirrhose cardio-tuberculeuse (p. 305).
Les signes physiques sont analogues à ceux attribués à la symphyse cardiaque.
La mort est la terminaison habituelle. Elle est due aux progrès de Vasysiolie, à une tuberculose aiguë, à une syncope.
Diagnostic. — Le diagnostic se confond avec celui de la symphyse péricardique.
Traitement. — C'est celui de Vasysiolie hépatique et de la symphyse cardiaciue. Le traitement antisyphilitique , indiqué dans certains cas, a peu d'aclioa quand les lésions scléreuses sont avancées.