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TROUBLES DU RYTHME CARDIAQUE

Le diagnostic n"est d'ailleurs complet qu'après la recherche des causes, qui ont amené les modifications de volume du cœur.

Pronostic. — Il dépend de la cause. L'hypertrophie est un processus de compensation. La dilatation, quand elle est durable, témoigne du peu de résistance du myocarde.

Quand des enfants ont eu de la pseudo-hypertrophie cardiaque de croissance,, leur cœur a généralement un volume normal à l'âge adulte; mais le quart d'entre eux environ a des palpitations et des troubles du rythme cardiaque (A. Faber).

Traitement. — L'hypertrophie du cœur ne comporte pas de traitement en dehors de celui des affections causales.

La dilatation, en plus du traitement étiologique, nécessite souvent l'emploi des moyens qui facilitent la déplétion du système veineux (purgatifs, diurétiques, saignées locales ou générales, etc.) et des médicaments cardiaques (digitale, etc.). C'est en somme le traitement de l'asystolie.

La pseudo-hypertrophie cardiaque de croissance estinlluencée par le traitement des affections causales, une hygiène générale appropriée, la gymnastique méthodique, le massage, l'hydrothérapie, etc.

IL — Troubles du rythme cardiaque.

Ce sont : la tacJiycardie, la bradycardie, Varyihmie. Ces troubles, fréquents chez les enfants, constituent souvent un phénomène physiologique.

A. — Tachycardie. — A l'état de santé, l'accélération du rythme cardiaque est commune dans l'enfance. Chez le nourrisson, la tétée, les cris, le mouvement augmentent le nombre des pulsations de 15 à 20 ; chez les enfants plus âgés, il en est de même à la moindre cause; on sait avec quelle facilité se produisent les tachycardies émotives.

Une mention spéciale doit être faite pour la tachycardie orthostatique ou arythmie de station. Elle consiste dans l'accélération du pouls par le passage du décubitus dorsal à la station debout et son retour au taux précédent parla reprise du décubitus (fîg. 91).

Rare au-dessous de o ans, elle est, après cet âge, un phénomène physiologique habituel. Elle est moins commune et moins

marquée chez l'adulte. L'accélération est de 10 à 13 pulsations par minute.

Dans certaines circonstances, la tachycardie s'exagère. Le nombre des pulsations augmente de '20, 30, 50.

L'exagération de la tachycardie orthostatique s'observe chez les convalescents de maladies infectieuses, chez les tuberculeux, surtout quand les lésions sont peu avancées, chez les enfants ayant de l'albuminurie intermittente orthôstatique. Par contre la fixité du pouls est remarquable dans la chorée, les maladies mitrales, les symphyses du péricarde, etc.

.91. — Tachycai'die ortlioslalique. —Tracés du pouls radial d'un garçon de 17 ans, debout (en bas), couché (en haut).

L'acclération est due au reflux du sang veineux dans le système porte et les parties déclives du corps, sous l'influence de la pesanteur. Le cœur reçoit moins de sang; la pression s'abaisse dans le système aortique, premier facteur d'accélération du rythme, et dans le crâne, second facteur entraînant la diminution de l'action modératrice du pneumogastrique.

L'exagération est liée aux facteurs qui augmentent l'action de la pesanteur, comme une croissance rapide, et l'excitabilité du système nerveux, comme l'hérédité neuro-arthritique, les états névropathiques, etc.

En dehors de ces faits, on peut rencontrer, parmi les tachycardies pathologiques^ des tachycardies symptomatiques et une tachycardie essentielle.

1° Tachycardies symptomatiques. — Leurs causes sont multiples : affections cardio-vasculaires (myocardites, péricardites, endocardites, affections valvulaires chroniques); affections nerveuses (paralysies du pneumogastrique dues à une polynévrite diphtérique, à une compression par des adénopathies trachéo-bronchiques, paralysies bulbaires, etc.) ; maladie de Basedow ; maladies fébriles et maladies infectieuses aiguës ou chroniques, parmi lesquelles la scarlatine. a une influence toute spéciale.

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^2^ Tachycardie essentielle paroxystique. — Cette affection, décrite par Bouveret (1889), est rare chez V enfant. On Fa observée à 2 ou 3 ans, mais surtout de 11 à 15 ans, notamment chez des fdles; d'autre part un certain nombre d'adultes, qui en sont atteints, font remonter leurs premiers accès vers ces mêmes âges.

Ses causes sont mal connues : on note, suivant les cas, l'hérédité similaire, une hérédité nerveuse, des crises de palpitations antérieures, l'apparition au moment des premières règles, la coexistence avec des lésions mitrales ou aortiques d'origine rhumatismale.

Diverses théories pathogé niques ont été proposées. Actuellement on attribue l'accès à une accumulation d'extrasystoles (Mackenzie).

La maladie de Bouveret ne se présente pas chez l'enfant avec la même netteté que chez l'adulte. Les accès sont plus frustes ; les sensations anormales, qui nécessitent d'ailleurs une certaine observation de la part du patient, manquent. L'accès est uniquement caractérisé par l'accélération des battements du cœur (I.jO à 2.50), qui n'est pas perçue par le malade ; il dure quelques heures ou plusieurs jours, jusqu'à 11) jours (Herringham). Quelquefois le cœur se dilate et des symptômes subasystoliques apparaissent. La mort n'a pas été observée.

Les accès reviennent à intervalles variables (1 ou 2 par an). Us continuent à la puberté et à l'âge, adulte ; parfois ils s'aggravent à ce moment.

B. — Bkadycardie. — La bradycardie est assez fréquente chez l'enfant. Elle doit être appréciée pour chaque âge en tenant compte de la fréquence moyenne du pouls. Elle est due à des causes multiples et relève de processus pathogéniques divers.

La bradycardie par excitation anormale du pneumogastrique, au niveau de ses noyaux d'origine ou de son tronc, est déterminée par des influences générales ou par des lésions locales; méningites et principalement méningite tuberculeuse, tumeurs cérébrales, épilepsie, tumeurs du médiastin etmédiastinites, convalescence des maladies aiguës, etc. Elle est variable et se modifie facilement sous finlluence de l'émotion, de l'orthostatisme, de la marche, etc.

Le pouls lent congénital par bradycardie totale (Lian et Juif), reconnaît la même origine nerveuse. Il est rare. 11 est familial et héréditaire.

MALAÙIES DE V APPAREIL CtRCULATOlRE

Le pouls lent congénital par dissociation auriculo-ventriculaire a été observé dès la première ou la deuxièrae enfance. Il peut s'accompagner des accidents nerveux,'attaques syncopalesetépileptiformes, caractérisant le syndrome de Stockes- Adam du pouls lent permanent acquis. 11 peut être dû à des malformations cardiaques ou à une myocardite interstitielle hérédo-syphilitique intéressant le faisceau de His. 11 est parfois familial (Morquio). Le pronostic est mauvais quand apparaissent les accidents nerveux.

Une bradycardie par lésion du faisceau de His peut se rencontrer dans les myocardites aiguës.

Il existe enfin une bradycardie liée à l'arythmie respiratoire et une bradyspigmie ou fausse bradycardie d'origine extrasystolique.

C. — Arythmie. — Varythmie est fréquente dans Veiiiance. Elle a été étudiée par Heubner (1895), Gomby (1897), Jacquier (1902). Mais elle n'est bien connue que depuis les recherches modernes. Elle revêt plusieurs types.

4" Arythmie respiratoire. — L'arythmie respiratoire est une arythmie physiologique fréquente chez les enfants» les jeunes

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R^dtale

Fig. 92. — Arythmie respiratoire (Vaquez).

gens elles adultes jeunes. On la rencontre chez E8 à 40 p. 100 des sujets de 8 à 15 ans (Mackenzie). Elle est rare par contre chez l'adulte.

Elle consiste en un rythme cadencé, en rapport avec les mouvements de la respiration : le pouls se ralentit et s'élève dans l'expiration; il s'accélère et s'abaisse dans l'inspiration. On se rend compte du phénomène par la simple exploration clinique, et, au besoin, par l'inscription graphique, (fig. 92).

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