‹ Precis de medecine des enfantsChapitre 154 sur 277 · IV. — Azotémie et chforurémie · texte numérisé non relu

IV. — Azotémie et chforurémie

L'exploration des fonctions rénales comporte l'étude de Tazotémie et de chlorurémie (Widal). Chez les enfants et en particulier chez les nourrissons, ces phénomènes prêtent à quelques considérations particulières.

Azotémie. — L'azotémie se reconnaît par le dosage de l'urée dans le sérum sanguin ou dans le liquide céi)halo-rachidien, qui fournissent des données comparables (Widal); cette dernière sérosité est pratiquement plus utilisable que le sang, chez le nourrisson. Il y a azotémie quand le taux de l'urée atteint ou dépasse 0 gr. 50 par litre.

1'^ AZOTKMIE DANS LKS MOYKNNE ET GUANDE. ENFANCES. — L'aZO-

témie peut se rencontrer à titre épisodique dans diverses affections aiguës ou chroniques. Sur 35 malades /atteints de fièvre typhoïde, rougeole, choréc, ictère catarrhal, cardiopathies chroniques, 4 seulement atteints de méningite tuberculeuse, de rhumatisme articulaire aigu, de pneumonie, avaient 0 gr. 50 à 0 gr. 80 d'urée (Nobécourt, Maillet et Bidot).

Dans les néphrites, l'azotémie est fréquente. Elle apparaît dans les différentes formes cliniques.

Dans les néphrites aiguës, il y a aussi souvent 0 gr. 50 à 1 gramme d'urée par litre, que 1 à 2 grammes. Chez une fille de 7 ans et demi, j'ai trouvé avec Milhit et Bidot 6 gr. 15 d'urée dans le sérum sanguin.

Dans les néphrites subaiguës ou chroniques, il y a rarement 0 gr. 50 à 1 gramme d'urée.

L'épreuve de l'azotémie provoquée, réalisée par l'ingestion de 10 ou :20 grammes durée, décèle parfois des azolémies Intenles.

L'azotémie dans les néphrites €onstitue un important élé-

ment de diagnostic et de pronostic. Les azotémies des né phrites aiguës ne comportent pas particulièrement un pronostic sérieux, même si leur taux est élevé. Les azotémies persistantes, même légères, des néphrites chroniques, doivent faire réserver le pronostic.

2° AzoTÉMiE DES NOURRISSONS. — Elle est fréquente : sur 146 malades, elle existait 70 fois (Nobécourt, Sevestre, Maillet et Bidot). Elle se montre dans des circonstances variées.

Au cours des affections aiguës, elle s'observe principale-

Ai^r/'/ Mai Juin

rit

Èmmmm^mmm ^^MMm^mmm i ffl

iiWpffWili

îîîlllili:;.::i=iH'iliiii

Fig. 108 — Affection gastro-intestinale subaiguë, compliquée de bronchopneumonie.— Courbes des poids et de l'urée du liquide céphalo-rachidien (Enfant de 7 mois.)

ment (fig. 108 et 109) dans les hroncho-pneiimonies (14 fois sur 25, il y avait 0 gr. 50 à 3 grammes), dans les affections gastrointestinales siiraigiiës ou aiguës, où elle est la règle (0 gr. 50 à 3 gr. 50), dans certaines néphrites.

Au cours des affections chroniques, elle est constante chez les athrepsiques ; on peut décrire une /o/'me a^/irepsigH^ de Vazotémie des nourrissons (Nobécourt et Maillet).

Les symptômes liés à l'azotémie sont V amaigrissement, la prostration, la torpeur. L'intoxication de l'encéphale entraîne parfois des symptômes méningitiques ; la forme somnolente de Vazotémie des nourrissons (Nobécourt et Maillet) notamment est facile à confondre avec la forme somnolente de la méningite tuberculeuse.

Chlorurémie. — La chlorurémie s'apprécie à l'aide de la

AZOTÉMIE ET CHLORURÉMIE

balance et par la constatation des œdèmes : le syndrome chlonirémique est un syndrome hydropigène (Widal). L'épreuve de la chloruration alimentaire permet souvent de la déceler.

1° Dans la moyenne et la grande enfances, comme chez l'adulte, le bilan des chlorures est équilibré et on n'observe à l'état physiologique que les faibles variations de la chlorurémie normale.

A l'état pathologique, ce sont les néphrites aiguës, subaiguës ou chroniques, qui déterminent des rétentions chlorurées importantes.

â"' Chez les nourrissons, au contraire, le bilan des chlorures n'est pas équilibré; on ne retrouve pas dans les urines la totalité du sel contenu dans le lait ingéré ; il y a Jixation d'eau et celle-ci explique en partie l'augmentation de poids quotidienne.

Les prématurés retiennent dans leurs tissus un excès de

chlorure de sodium introduit dans l'alimentation ; ils sont particulièrement sujets à Vœdème des nouveau-nés.

La rétention chlorurée s'observe dans les affections gastrointestinales aiguës graves et les colites cachectisantes (Hutinelj, infections (érysipèle, septicémies, broncho-pneumonies;, les néphrites, bien que les formes hydropygènes soient rares à cet âge.

Les lésions rénales expliquent souvent la rétention chlorurée chez les nourrissons comme aux autres âges. Elles ne paraissent pas toujours suffisantes ; l'absence d'albuminurie et de néphrite a été constatée au cours des aflections gastrointestinales compliquées d'œdème (Hutinel). Il en était de même chez un bébé de 2 mois, qui présentait une anasarque considérable, dont la cause n'a pu être déterminée (Nobé-

ce

Ju///et 1

gK.logs.

^ ^-^^tÔ

ir~" it

Po/c/s

Urée

Y'v^. 1U9. — Broncho-pneumonie. — Courbes des poids et de l'urée du liquide céphalo-rachidien. (Enfant de 8 mois.)

court et Paisseau). On a noté des lésions du foie (Lereboullet et Marcrelles, Nobécourt et Paisseau), de rinsuifîsance surrénale (W. E. Hume).

Page 1