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XI. — Lithiase rénale

La lithiase rénale est loin d'être exceptionnelle chez l'enfant. Rilliet et Barthez, Debout (1879), A. Robin (1878), etc., en ont rapporté des observations. Ducamp d'Orgas (1897), J. Comby(1899), Monsseaux (1904) ont particulièrement attiré l'attention sur elle. Souvent d'ailleurs elle reste latente, comme le montre la fréquence dans l'enfance des calculs vésicaiix, primitifs en apparence, qui sont presque toujours au début des calculs rénaux (J. de Bokay).

Considérée dans l'ensemble, la lithiase tirinaire de l'enfant est commune, puisqu'elle constitue, suivant les statistiques de Prout, de Gross, de Civiale, de Bryant, de Thompson, "25, 38, 45, 50 p. 100 des cas observés à tous les âges: elle l'est particulièrement en Egypte, en Perse, en Angleterre, dans certaines régions de la Russie, en Hollande, en Hongrie (J. de Bokay).

11 faut distinguer : 1° la lithiase iirique et oxalique; '2° la //thiase phosphatique.

Etiologie. Pathogénie. — 1° Lithiase urique et oxalique. — La lithiase rénale s'observe dès les premières semaines de la vie. Chez le nourrisson elle est assez fréquente dans la première année, plus rare dans la 2^ (Comby). Plus tard elle augmente de fréquence avec l'âge.

Elle se rencontre plus souvent chez les garçons (64 p. 100, [Comby], 66 p. 100 [Monsseaux]), que chez les filles.

Chez les nourrissons, on ne relève en général aucune influence héréditaire: ni gravelle, ni goutte, ni autres manifestations de la diathèse arthritique (J. Comby). Il s'agit presque toujours d'enfants nourris au biberon et avec des aliments indigestes, suralimentés, SLileinis d'ajfeclions gastro-intestinales et cachectiques.

Dans la moyenne et la grande enfance, la prédisposition héréditaire joue un rôle prépondérant dans les 4/5« des cas ; on relève dans les antécédents héréditaires la goutte, l'obésité, le diabète, la gravelle rénale. C'est d'ailleurs une maladie plus fréquente en ville et dans la classe aisée qu'à l'hôpital et dans la classe ouvrière. Presque toujours les enfants ont

LITHIASE RE X A LE COo

une alimenlation trop abondante et trop azotée, en disproportion avec leur âge et avec leurs besoins, sont atteints de troufjïes dyspeptiques ; souvent les boissons sont peu abondantes, l'exercice physique est insuffisant. Quelquefois on note l'apparition après une scarlatine (Dickinson, Monsseaux), une appendicite, une affection broncho-pulmonaire, une entérite et même un simple séjour au lit. Assez souvent l'enfant lithiasique présente d'autres manifestations de la diathèse arthritique: migraines, accès d'asthme, urticaire, douleurs articulaires, obésité, etc.

La lithiase urique relève de deux conditions essentielles: la formation exagérée d'acide urique et son incomplète solubilité dans l'urine.

Chez le nouveau-né, l'urine est rare et renferme une grande quantité d'acide urique ; celui-ci diminue peu à peu à partir de la 2^ semaine, à mesure que l'alimentation s'établit et que l'urine devient plus abondante. Mais, chez les nourrissons mal nourris et malades, d'une part l'acide urique est formé en excès, et, d'autre part, les urines sont peu abondantes et acides. Ainsi s'explique la formation de graviers et de calctds, par le même mécanisme qui produit les infarctus uriques des nouveau-nés ; la migration de l'acide urique, en arrachant l'épithélium rénal, fournit la matière orcfanique nécessaire, d'après Epstein, au squelette du calcul ( J. de Bokay).

Dans la moyenne et la grande enfance, de même que chez l'adulte, la lithiase urique est due à l'insuffisance des mutations nutritives (Bouchard). Les facteurs étiologiques consistent en effet en dernière analyse en a recette trop considérable de matériaux azotés, insuffisance ou perversion des combustions et des échanges organiques, insuffisance d'élimination par concentration trop grande de l'urine » (Monsseaux).

La lithiase oxalique reconnaît la même pathogénie que la gravelle urique.

2° Lithiase phosphatique. — Rare dans le rein, elle relève soit d'une infection urinaire banale ou tuberculeuse, soit plus souvent d'un trouble passager de la nutrition générale lié à une alimentation défectueuse.

Anatomie pathologique. — Chez les nouveau-nés et parfois chez les fœtus à ternie (Budin), il n'est pas rare de trouver à l'autopsie des infarctus uriques des reins [Cless (1841),*

Schlossberger (1848), Wirchow (1856), Parrot]. Us forment de& stries rouge foncé, disposées en éventail dans les pyramides de Malpighi; ils n'existent pas dans la substance corticale. Ce sont des amas de cristaux en forme d'aiguille, qui remplissent les tubes urinifères et sont constitués par de l'urate de soude. Il s'agit là d'un phénomène presque physiologique qui manifeste cependant la tendance à la lithiase dans le jeune âge.

Dans la lithiase proprement dite, les calices et le bassinet contiennent du sable, des graviers ou des calculs, qui sont constitués chimiquement, par de Vacide iiriqiie et des urates,. des oxalales, du phosphate ammoniaco-magnésien ou du -phosphate de chaux. Eln même temps, dante certains cas, on trouve des graviers et des calculs dans l'uretère ou dans la vessie.

Le plus souvent, chez les nourrissons, l'appareil urinaire reste indemne. Sur 48 cas, il y avait "2 fois de la pyélite, 2 fois de la thrombose des veines rénales, 5 fois de l'/ijdronep/^rose partielle ou totale (Comby).

Chez les grands enfants, les constatations anatomiques manquent. Mais l'étude des calculs expulsés au dehors montre qu'il s'agit le plus souvent de gravelle urique pure (72 p. 100 [Monsseaux]), plus rarement de gravelle urique et de gravelle oj;a/i(7ue associées (15 p. 100), de gravelle phosphatique (il p. 100).

Symptômes et complications. — Chez le nourrisson, la lithiase rénale est souvent latente et passe inaperçue. L'examen des langes peut déceler, en même temps qu'un dépôt ^ finement granuleux jaunâtre d'acide urique, des graviers ou de petits calculs. Quand les concrétions sont suffisamment volumineuses, leur expulsion à travers les voies urinaires provoque des douleurs, que l'enfant traduit par des cris, de l'agitation, des pleurs. L'hématurie n'existe pas à cet âge. Quelquefois on observe des convulsions, des vomissements,, de la fièvre; Emmet Holt lui attribue la fièvre d'inanition des nouveau-nés.

Dans la moyenne et la grande enfance, l'affection peut rester longtemps latente ou se révéler par la présence, dans le vase, de graviers ou de sable, venant se surajouter au dépôt uratique rougeâtre, adhérent, qui est fréquent. Quelquefois cependant apparaissent des douleurs lombaires intermittentes,, spontanées ou occasionnées par la fatigue, capables même par leur persistance de déterminer une scoliose vertébrale (Paulet, Monsseaux). Souvent il y a des troubles de la miction :

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