XV. — Hydronéphrose
L'hydronéphrose est la dilatation du bassinet, des calices et des parties supérieures de l'uretère.
Étiologie. — L'hydronéphrose n'est pas rare chez l'enfant. Elle est congénitale ou acquise.
Congénitale, elle est consécutive à des malformations congénitales de Vuretère : absence, oblitération totale ou partielle siégeant en général dans les parties supérieure ou inférieure, rarement dans la partie moyenne ; sténose totale ou partielle coudures, valvures, etc. Elle se rencontre surtout chez les nouveau-nés, plus rarement aux autres âges.
Acquise, elle est due à un corps étranger (calcul), à une sténose inflammatoire, à une coudare (rein mobile) de l'uretère, à une compression de ce canal par une tumeur abdominale. Assez souvent intervient une malformation congénitale prédisposante (E. Duval et Grégoire) et, pour Bazy, la ptôse rénale est plutôt la conséquence d'une hydronéphose congénitale que la cause de celle-ci. Chez les nourrissons athrepsiques, elle peut être consécutive à l'obstruction de la partie inférieure de l'uretère par la poussière uratique.
PYÉLYTE ET PYÉLO-NÉPHRITE 613
Anatomie pathologique. — L'hydronéphrose, chez l'enfant comme chez Tadulte, est généralement unilatérale, rarement double, quelquefois partielle, le plus souvent généralisée. Son volume varie de celui d'un œuf à celui d'une tête de fœtus à terme. Sa surface externe, inégale, adhère aux organes voisins, qu'elle peut comprimer. Sa cavité est uniloculaire ou multiloculaire : le liquide contenu en quantité variable (jusqu'à i, 2 ou 3 litres) est de l'urine pâle, ou un liquide clair comme de l'eau, ou un liquide séro-muqueux, albumineux. Le rein est refoulé, atrophié, sclérosé ou même transformé en une simple coque fibreuse. L'uretère est généralement dilaté.
Symptômes. — L'hydronéphrose est généralement latente. Elle ne se révèle que par l'examen de l'abdomen, qui décèle dans un des flancs une tumeur. Celle-ci est indolore; elle peut être mate ou sonore, lisse ou mamelonnée; elle donne lieu au ballottement et n'est que rarement fluctuante. Elle n'entraîne des troubles fonctionnels que si elle est volumineuse : dyspnée d'effort, dyspepsie, constipation, etc.
Les urines sont à peu près normales. Parfois l'hydronéphrose est intermittente; on observe alors des crises polyuriques, au moment desquelles la tumeur s'affaisse.
L'hydronéphrose a une évolution lente. Congénitale, elle persiste indéfiniment et cause parfois la mort. Acquise, elle peut guérir, si la cause est curable. Le pronostic est toujours sérieux.
Diagnostic. —L'hydronéphrose doit être à différencier des kystes du rein (p. 611), de Vascite, exceptionnellement du kyste de Vovaire, des tumeurs du rein.
Elle se distingue de la pyonéphrose par l'existence, dans cette dernière, d'urines purulentes, de symptômes généraux et de fièvre). Il faut se rappeler que la pyonéphrose peut être fermée à certains moments, pendant lesquels l'urine est limpide.
Traitement. — On institue, s'il y a lieu, un traitement étiologique (néphrorraphie au cas de rein mobile, correction des malformations, etc.).
Quand l'hydronéphrose est volumineuse, on fait des ponctions évacuatrices.