XVI. — Pyélite et pyélo-néphrite
Les pyélites et les pyélo-néphrites, plus rares dans l'enfance qu'à l'âge adulte, ne sont pas exceptionnelles.
Étiologie. — Elles peuvent être, comme aux autres âges, primitives ou secondaires.
Primitives, elles surviennent sans cause appréciable. Elles s'observent presque toujours au-dessous de 2 ans, chez des enfants allaités artificiellement (Emmet Holt, J. Thomson, etc.). Peut-être faut-il faire jouer en pareil cas un rôle à des affections digestives méconnues et à la lithiase urique (p. 60G).
Secondaires, elles sont parfois consécutives "chez les nourrissons, à une affection gastro-intestinale (Monti, Baginsky). Ce sont des infections coli -bacillaires, qui se réalisent par la voie sanguine, lympathique ou urinaire ; elles succèdent alors à une cystite (p. 616) et c'est ce qui explique leur plus grande fréquence chez les filles.
Gomme autres causes depyélitesetpyélo-néphrites, onnote: les maladies infectieuses (fièvre typhoïde, rougeole, variole, scarlatine); les intoxications par la cantharide ; la lithiase rénale^ la vulvo-vaginite, la cystite; enfin la tuberculose rénale.
La bactériurie, qui se produit dans beaucoup d'états infectieux explique l'infection des voies urinaires.
Anatomie pathologique. — Les lésions n'ont rien de spécial à Tenfance. La pyélite peut être catarrhale ou suppurée^ présenter ou non des suffusions hémorragiques, des abcès et des ulcérations de la muqueuse, quelquefois une exsudation muco-membraneuse. Il y a ou non distension du bassinet, hydronéphrose ou pyonéphrose. Au cas de pyélo-néphrite, le rein est gros, congestionné, contient ou non des abcès. 11 existe parfois un phlegmon périnéphrétique (p. 615).
L'aspect de la pyélo-néphrite tuberculeuse est spécial. Symptômes. — Souvent, surtout chez les nourrissons, la pyélite est latente.
Dans les autres cas existent des symptômes généraux ou fonctionnels plus ou moins manifestes : fièvre à caractère intermittent, frissons, amaigrissement, vomissements, diarrhée, tedème des bourses ou des grandes lèvres. Le volume des urines est normal,' augmenté ou diminué; elles sont claires ou à peine louches dans les formes catarrhales ; elles sont troubles et forment un dépôt épais, blanc jaunâtre, constitué par des globu,les du pus dans les formes suppurées ; elles coagulent par la chaleur. Quand il y a pyélo-néphrite, la proportion d'albumine est plus considérable et on trouve des cylindres au microscope.
PHLEGMON PERINEPHRETÎQUE ()15
Dans la pyélite suppiirée unilatérale, les urines peuvent devenir claires par intermittences.
Évolution. Pronostic. — La pyélite catarrhale primitive, la pyélite des maladies infectieuses évoluent en 13 ou 20 jours et se terminent par guérison, si la maladie première n'est pas trop grave. La pyélite suppurée par infection ascendante et la pyélite tuberculeuse sont graves et souvent mortelles.
Diagnostic. — Le diagnostic de pyélo -néphrite et de pyélite est très difficile quand il n'y a pas pyurie ; elles peuvent tout au plus être soupçonnées.
La pyurie de la pyélite doit être distinguée de celle de la cystite : les caractères propres à chacune de ces affections permettront de le faire, quand une des deux existe isolément ; mais, quand il y a des symptômes de cystite, il est difficile de dire si elle ne s'accompagne pas de pyélite. Qiiant aux urines troubles des néphrites aiguës, elles ont des caractères bien spéciaux.
Le diagnostic étiologique complète le diagnostic différentiel.
De même celui de Viinilatér alité ou de la bilntéralité des lésions.
Traitement. — On prescrit le régime lacté, les boissons aqueuses, abondantes, les eaux de Contrexéville, Vichy, Vais, Fougues, le benzoate de soude, Turotropine, la térébenthine, etc. ; — le repos au lit et les bains tièdes prolongés.
Le traitement chirur(jical a quelquefois ses indications.