XVII. — Phlegmon périnéphrétique
■ Le phlegmon périnéphrétique est une affection rare dans l'enfance. On a dit qu'il ne s'observait pas avant 10 ans. En réalité on l'a rencontré chez les nourrissons âgés de 2 mois à peine.
S'il peut être primitif, il est habituellement secondaire à un traumatisme (plus de 28 p. 100 des cas d'après Gibney), aux pyélites et pyélo-néplirites et par suite auxdiftérentes causes de celles-ci (p. 614); aux affections du voisinage, appendicite, abcès du foie, mal de Pott, etc.
Dans le pus on a trouvé le colibacille, le streptocoque, le pneumocoque, le staphylocoque doré.
Les lésions et les symptômes sont les mêmes que chez
()l(j MALADIES DE L'APPAREIL URINAIRE
l'adulte. Les symptômes généraux et fonctionnels ne sont guère appréciables que chez les grands enfants : douleurs lombaires, immobilité, impossibilité de la marche, fièvre à grandes oscillations, etc. Les signes physiques, nuls pendant les premiers temps, consistent en une tuméfaction lombaii'e avec empâtement profond, etc.
La collection pénéphrétique peut s'ouvrir spontanément dans l'intestin, le péritoine, la plèvre, etc.
Le diagnostic se fait d'après les mêmes considérations que chez l'adulte.
Le traitement consiste tout d'abord en applications locales chaudes ; puis, dès que le pus est collecté, on fait Yincision chirurgicale .
XVIIL — Cystite.
La cystite est plus rare et plus bénigne dans l'enfance qu'aux autres périodes de la vie.
Étiologie. — Elle peut être due à la tuberculose et est alors presque toujours consécutive à la tuberculose rénale (p. 595), à la lithiase, aux néoplasmes, comme chez l'adulte. Rarement elle est la conséquence d'une vulvo^vaginite gonococcique, malgré la fréquence de cette dernière chez les petites filles; exceptionnellement chez les garçons, elle est consécutive à une urétrite gonococcique. Des causes assez importantes sont les affections gastro-intestinales (p. 141) et surtout les colites (p. 227). Elles déterminent des cystites colibacillaires (Escherich, Haushalter, Trumpp, Finkelstein, Hutinel) ; les colibacilles, venus du rectum, infectent la vessie soit par le canal de l'urètre chez les filles, l'infection étant souvent facilitée par une vulvo-vaginite coexistante (Hutinel), soit par le passage à travers les parois recto-vésicales chez les petits garçons, soit par l'urine après élimination à travers les reins. Cette variété de cystite est surtout fréquente chez les filles.
Parfois la cystite est liée à une alimentation trop carnée; elle serait alors la conséquence de l'irritation provoquée par des urines acides et des pullulations microbiennes qu'elle favorise.
Symptômes. — La cystite se traduit par la fréquence des mictions, qui sont douloureuses, et par des urines troubles ou purulentes. Dans les formes légères elle guérit en 8 ou
ÉXURÉSIE, MICTION IXVOLOXTAIRE XOCTURXE 617
15 jours. Dans \es formes graves, il y a de la fièvre, des vomissements, parfois un état typhoïde, et la maladie peut durer 4 à 6 semaines.
La guérison est la règle, la mort l'exception.
Parfois la cystite se complique d'une pyélite ou d'une pyélonéphrite.
Il y a des formes latentes.
La cystite tuberculeuse est caractérisée par l'intensité des douleurs, qui persistent et présentent des exacerbations dans l'intervalle des mictions, et par la fréquence des' hématuries. Son pronostic est grave, c'est une complication redoutable delà tuberculose rénale.
Diagnostic. — Le diagnostic se fait à l'aide des symptômes qui viennent d'être décrits.
Traitement. — On prescrit le régime lacté, à moins d'indications spéciales dues à l'existence de troubles digestifs préalables, le repos au lit, les bains tièdes, les cataplasmes sur la région hypogastrique, le benzoate de soude, l'urotropine, la térébenthine, les eaux de Vittel, Contrexéville, Martigny.
Si les urines restent purulentes, on a recours, surtout chez les hlles, aux lavages de la vessie à l'eau boriquée, au permanganate de potasse à 1 p. 5.000 ' Hutineli, au protargol à 0,:2û ou 0,30 p. 100.