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XIX. — Énurésie nocturne. Miction involontaire nocturne

Les dénominations d'énurésie nocturne, de miction involontaire nocturne sont préférables à celle habituellement employée d'incontinence nocturne d'urine. En effet « ce n'est pas une incontinence, c'est-à-dire une évacuation, continue ou discontinue, goutte à goutte; c'est bien une miction, à plein jet » (L. Guinon i.

Symptômes. — Le plus souvent, les mictions involontaires nocturnes persistent à l'âge où les enfants deviennent habituellement propres, c'est-à-dire vers la fin de la 2« année ou dans le courant de la 3« ; parfois elles apparaissent vers 4 ou 5 ans.

L'enfant pisse au lit toutes les nuits ou par périodes entrecoupées d'interruptions plus ou moins longues. II y a chaque nuit, sans que l'enfant en ait conscience, 1, 2 ou 3 mictions,

rarement plus, tantôt dans la première moitié, tantôt vers le matin. La quantité d'urine émise est variable ; sa composition n'offre rien de spécial.

Le jour, tantôt les mictions sont normales, tantôt il y a de la pollakiurie ; parfois même l'enfant à des mictions involontaires, à Toccasion d'une émotion, ou s'il est trop ardent au jeu, ou s'il ne peut satisfaire son besoin (incontinence de nécessité).

La miction involontaire nocturne guérit généralement avant la puberté ; exceptionnellement elle persiste jusqu'à l'âge adulte.

Diagnostic. — En se reportant à la définition, le diagnostic différentiel est simple entre la miction involontaire nocturne et les incontinences symptomatiques d'un vice de conformation (exstropie vésicale, hypospadias, etc.), d'une cystite, de calculs vésicaux ou urétraax, d'une paralysie vésicale due à un mal de Pott ou à une myélite (incontinence par regorgement), de Vidiotie avec gâtisme.

Le diagnostic étiologique est plus difficile. On le fait en passant en revue les différentes causes qui peuvent intervenir.

Étiologie. Pathogénie. — Les mictions involontaires nocturnes relèvent de conditions étiologiques et pathogéniques nombreuses.

1° Épilepsie. — L'énurésie nocturne revient à intervalles plus ou moins éloignés et s'accompagne d'autres sygciptômes de la névrose. Elles peuvent constituer une forme d'épilepsie larvée (Trousseau).

^^ Défaut de contractibilité du sphincter urétral (Guyon). — Cette cause est rare.

3° Origine psychopathique (Énurésie essentielle). — L'énurésie nocturne d'origine psychopathique est la plus fréquente. Les enfants ont des antécédents héréditaires nerveux (hystérie, neurasthénie, psychopathies, etc.), quelquefois même une hérédité similaire. Ils sont eux-mêmes souvent porteurs de stigmates somatiques et intellectuels d'hérédité nerveuse, de dégénérescence ; parfois ils ont eu des convulsions, des terreurs nocturnes ; ils sont émotifs ; leurs réflexes sont exagérés et on constate de l'hypertonicité de la musculature des membres inférieurs (Freud, Dupré et Pr. Merklen).

Chez ces sujets, la miction involontaire nocturne résulte d'un mauvais fonctionnement des centres nerveux, de V hyper ex ci-

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tabilité vésicale, qui cause également de la pollakiurie diurne, fréquente en pareil cas, de Vabsence du réflexe, qui détermine la contraction du sphincter (L. Guinon).

Chez certains enfants, à la dégénérescence nerveuse s'as" socient la pollakiurie et le rêve mictionnel (Janet).

On a encore incriminé ïhypothyroïdie (Hertoghe), les végétations adénoïdes (p. 69 j.

4° Irritabilité vésicale. — L'énurésie nocturne est la conséquence d'une irritabilité vésicale réflexe (Trousseau), provoquée par des irritations périphériques (phimosis, adhérences balano-préputiales, oxyures, etc.). 11 faut toutefois que les conditions psychiques énumérées plus haut existent (L. Guinon).

Dans ce groupe on peut ranger les mictions involontaires, qui sont liées à une néphrite (p. 587; et sont le résultat de la pollakiurie nocturne. Leur existence peut mettre sur la voie de l'afTection rénale, en incitant à rechercher l'albuminurie.

5° Altérations qualitatives ou modifications quantitatives des urines. — En dehors de l'albuminurie, on a invoqué Vexcès d'urates iTowsend, Lawrence), Vhyperacidité (Glemens, Carrière) ou inversement Y alcalinité (Clemens;, V excès de chlorures.

Parfois intervient \r polynrie, due aux boissons trop abondantes, la polyurie diabétique.

Traitement. — Le traitement s'inspire des données écologiques et pathogéniques.

Quand il existe une cause apparente on la supprime : opération du phimosis, traitement des oxyures, bicarbonate de soude chez les uricémiques, phosphate acide de soude au cas d'urines alcalines, etc.

Dans le cas plus fréquent d'énurésie nocturne d'origine psychopatique, on règle la vie et l'alimentation de l'enfant, on agit sur son système nerveux (douches, lotions, bains chauds), on lui donne du phosphate de chaux, du fer, de l'arsenic.

On a recours à la psychothérapie ; on cherche à persuader l'enfant qu'il peut guérir; on évite les réprimandes. On réveille l'enfant plusieurs fois par nuit pour le faire uriner.

On calme l'irritabilité vésicale et l'excitabilité des centres nerveux par les bromures, la belladone, Vantipyrine ou on augmente la tonicité du sphincter, par Vercjot de seigle, la noix voniique, la strychnine. Les indications de ces deux caté-

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gories de médications, dont les effets se contrarient, sont difficiles à préciser.

On prescrit, s'il y a lieu, la médication thyroïdienne (Hertoghe). On a conseillé également V opothérapie surrénale (Zononi).

On a recours à V électrothérapie. On rejette l'électrisation directe du sphincter à l'aide d'une sonde métallique, qui n'est pas sans dangers. On utilise soit des courants galvaniques à haute intensité pour calmer l'irritabilité vésicale, soit des courants faradiques pour exciter le sphincter.

Les injections épidurales donnent de bons résultats (Calhelin). On injecte 10 ou 20 centimètres cubes de sérum artificiel tous les deux jours pendant la l""^ semaine, tous les 6 ou 8 jours ensuite jusqu'à guérison.

La ponclion lombaire peut amener la guérison (Babinski et Boisseau).

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