SCORBUT INFANTILE. MALADIE DE DARLOM G
tant plus marquées que la dentition est plus avancée, mêmes fractures de côtes et enfin mêmes conditions étiologiques. Chez l'enfant comme chez l'adulte la cause du scorbut est Yabsence d'aliments frais et Vusage prolongé d'aliments de conserve ; on ne le rencontre pas d'ordinaire chez les enfants
Fig. 120. — Partie supérieure de la diaphyse du tibia (même fig. que fig. 118 et 119). Organisation de l'hématome sous-périosté. 1. Périoste; 2. Os diaphysaire; 3. Moelle fibreuse; 4. Tissu fibreux; 5. Travées osseuses de nouvelle formation criblées d'ostéoblastes; 6. Vaisseaux congestionnéai; 7. Amas de globules rouges.
nourris au sein, avec du lait de vache frais et même avec du lait stérilisé par la chaleur, quoiqu'il puisse apparaître dans ce dernier cas; il apparaît chez les enfants alimentés longtemps avec des laits modifiés dans leur composition chimique ou physique (laits homogénéisés, laits peptonisés, etc.), des farines travaillées. Il rentre dans le groupe des maladies par carence (Weill et Mouriquand).
Il est probable que le facteur alimentaire n'est pas le seul et qu'il, faut faire intervenir des prédispositions individuelles.
Diagnostic. — Le tableau clinique impose généralement le diagnostic ; il se confirme quand on connaît le mode d'alimentation de l'enfant.
La pseudo-paralysie syphilitique de Parrot, dans laquelle il y a également épaississement de l'os et fracture diaphysoépiphysaire, n'apparaît guère après 3 mois et est moins douloureuse.
Quant aux formes frustes simulant une paraplégie d'origine médullaire, pottique ou autre, une monoplégie, la paralysie infantile, la coxalgie, on les différencie par l'absence des symptômes de ces affections et par l'intensité des douleurs ; lorsqu'elles simulent le rhumatisme articulaire aigu, il faut se rappeler la rareté de cette affection à l'âge où existe la maladie de Barlow (Hutinel).
Prophylaxie. Traitement. — On prévient le scorbut infantile en n'employant qu'avec précautions les aliments scorbutigènes énumérés plus haut ; en particulier le lait homogénéisé, qui donne d'excellents résultats dans l'alimentation des nourrissons, ne doit pas être utilisé d'une façon systématique et pendant des périodes trop longues. Il est utile, en outre, de donner chaque jour une cuiller à café ou à soupe de jus de fruit (citron, orange, raisin).
La maladie déclarée, on met l'enfant au sein ou on lui donne du lait frais de vache, de chèvre, d'ânesse, du bouillon de légumes. On prescrit en outre des légumes frais, tels que la purée de pommes de terre, de la viande crue, du jus ou des compotes de fruits frais.
Le médicament de choix est le jus de citron à hautes doses; on en fait prendre mélangé à du sucre 4 à 6 cuillers à café et plus par 24 heures.
On expose l'enfant au soleil et au grand air. La bouche est soigneusement lavée et les gencives, quand elles saignent, sont badigeonnées avec du jus de citron. L'enfant est mis au lit et les membres sont placés dans une bonne position, au besoin enveloppés d'un pansement humide. Rarement des attelles sont nécessaires.
Après guérison, il est utile de continuer quelque temps le jus de citron et de prescrire le fer.
HÉMOPHILIE 653